vendredi 4 octobre 2019

Rendez-vous avec les oiseaux du 2 octobre 2019

Candol est un lieu-dit de Saint-Lô situé dans la vallée de la Vire. Le cours de la Vire y a été modifié et canalisé au 19ème siècle si bien qu'un ancien méandre ou bras mort constitue une zone humide intéressante pour les oiseaux. Cette curiosité morphologique a mis quelques hectares  de Saint-Lô en rive gauche de la Vire.

Le bras mort pratiquement à sec (Philippe Gachet)
8 participants sont présents pour cette sortie qui s'est déroulée sous les nuage smais pratiquement sans pluie.
 37 espèces ont été observées en 2 h : ce qui constitue un résultat élevé mais normal pour le site. En effet, nous traversons des milieux variés qui vont attirer des espèces forcément différentes.

Voici quelques informations à retenir de cette animation :
  •  Les espèces d'oiseaux directement liés à la rivière sont observés : bergeronnette des ruisseaux posée sur la rive caillouteuse de la Vire, poule d'eau nageant pour se mettre à l'abri dans la végétation rivulaire, martin-pêcheur d'Europe vu à deux reprises perché et en vol, canard colvert en vol.
  • Le niveau d'eau du bras mort de la Vire est anormalement bas puisque l'on observe les pieds de nénuphars au sec et  les rives asséchées se couvrant de renouée ou autre plante terrestre. Ces rives vaseuses plus ou moins mouillées ont attiré ce matin chevalier culblanc, petit limicole à croupion blanc et le chevalier guignette. L'aigrette garzette veut s'y poser mais la présence du groupe la gêne assurément. Le héron cendré se trouve également dans le secteur : il va du bras mort aux prés humides pâturés ou non qui se trouvent tout autour.
  • La végétation des rives qu'on appelle ripisylve  est constituée principalement d'aulnes et de saules. Elle est attractive pour de nombreux oiseaux passereaux que nous observerons ou entendrons. Le grimpereau des jardins qui aime les écorces épaisses des aulnes pour y trouver sa nourriture circule ici et là mais ses apparitions sont furtives. La mésange nonnette mésange brun-clair  à calotte noire s'agite dans les saules. Le roitelet à triple-bandeau tout petit oiseau verdâtre au sourcil blanc passe d'une branche à l'autre et attrape de petites proies sous les feuilles. Pas facile à voir. Les chardonnerets élégants sont moins discrets : ils constituent au début de l'automne de petites bandes. Ils utilisent la ripisylve comme perchoir avant de descendre vers des parties plus basses pour se nourrir. Le pouillot véloce est un oiseau courant de ces zones humides. Il chante par ci par là en automne : son chant et son cri sifflé permettent ainsi de le repérer. D'autres oiseaux pas directement liés à ce milieu sont aussi observés : mésange charbonnière,  mésange bleue et geai des chênes par exemple.
  • Les buissons abondants en limite des parcelles accueillent aussi certains oiseaux. Nous remarquons brièvement le bouvreuil pivoine, oiseau rondouillard aux belles couleurs rouge pivoine pour le mâle. L'oiseau n'a pas de territoire et est peu agressif vis à vis des intrus. Les arbustes épineux sont pour l'espèce une protection naturelle indispensable. Nous aurons plusieurs contacts auditifs avec cet oiseau (au moins 3 différents). D'autres espèces sont vues dans ces zones buissonnantes formées d'aubépines et de ronces : accenteur mouchet, merle noir très discret (2 individus en 2 h, c'est maigre), troglodyte mignon et verdier d'Europe. Nous verrons plus tard la fauvette à tête noire, familière des ronciers dans une autre partie buissonnante de notre parcours.
  • Les peupliers, arbres  traditionnels des bords de rivière ou de ruisseau sont de jolis perchoirs pour l'étourneau sansonnet vu aussi au passage en vol, le pigeon ramier, le chardonneret et la grive draine la plus grosse des grives reconnaissable à ses grosses taches noires sur la poitrine et le ventre.
  • Il faut aussi lever le nez pour voir quelques hirondelles de cheminée en vol vers le sud, le grand cormoran qui part en quête de poisson plus en amont, la mouette rieuse qui chasse en vol quelques fourmis volantes peut-être et le goéland argenté.
  • Les rapaces sont assez discrets ce matin même si le faucon crécerelle se montre volontiers ert l'épervier d'Europe est harcelé par des corneilles.  


Les participants aux taquets
 Liste des espèces observées : accenteur mouchet, aigrette garzette, bergeronnette des ruisseaux, bergeronnette grise, bouvreuil pivoine, canard colvert, chardonneret élégant, chevalier culblanc, chevalier guignette, corneille noire, épervier d'Europe, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, geai des chênes, grand cormoran, goéland argenté,  grive draine, grimpereau des jardins, héron cendré, hirondelle de cheminée, martin-pêcheur d'Europe, merle noir,  mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, mouette rieuse, pic vert, pie bavarde, pinson des arbres, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, troglodyte mignon, verdier d'Europe

Merci à tous les participants pour leur curiosité et leur bonne humeur.

Prochain rendez-vous

Mercredi 6  novembre 2019

Saint-Lô

Les oiseaux des parcs urbains

RDV : 9h30 parking à l'entrée ouest du parc de la Dollée, rue du pré de haut Saint-Lô

Contact : Philippe Gachet 06 89 56 85 74

jeudi 6 juin 2019

Rendez-vous avec les oiseaux du 5 juin 2019

Animation au lac des Bruyères à Millières (50)

Le temps est un peu frisquet ce soir-là mais 8 personnes sont tout de même présentes pour cette sortie au crépuscule sur le site du lac des bruyères. Ce site est une ancienne carrière réaménagée en espace de loisirs (pêche et promenade). Un chemin a été aménagé permettant d'effectuer un large tour du plan d'eau en traversant des secteurs de landes plus ou moins boisées et des petites zones humides. Le paysage est donc contrasté passant de zones fraîches à des zones beaucoup plus sèches et ensoleillées. Evidemment, cela présente un grand intérêt pour la biodiversité et favorise la présence d'espèces de moins en moins visibles en Normandie.

Engoulevent  de Millières mais en 2017 (Franck Letellier)
Quelques éléments retiennent l'attention :

  • Le but principal de cette animation était d'observer l'engoulevent d'Europe. C'est entre chien et loup que nous avons pu admirer les évolutions de deux de ces oiseaux. Le vol est léger et  virevoltant comme celui d' un papillon, fait de montées et de descentes. Les oiseaux nous ont gratifié de leur cri bizarre faisant penser à une crécelle. Le couple est installé tout près du parking donc peu soucieux du dérangement.
  • Le pipit des arbres est observé à plusieurs reprises chantant et effectuant quelques vols de parade. Migrateur saharien, cet oiseau arrive fin avril dans notre région. Il affectionne les zones de prairie bordées de haies denses avec arbres de haut jet. Il ne se rencontre plus guère que dans les régions de bocage dense à large maille notamment, dans les secteurs limitrophes des marais.
  • Le pouillot fitis est bien présent. Il est nicheur ici. Nous sommes dans une période trop tardive pour des migrateurs (l'espèce chante en migration). La nidification de cet oiseau qui aime la fraîcheur est désormais localisée en Normandie alors qu'elle était courante, il y a 50 ans dans le bocage.
  • On entend la tourterelle des bois au chant si doux. C'est toujours un plaisir de l'entendre. On s'aperçoit qu'il est de moins en moins entendu dans le département,  confirmant par ce fait les signaux négatifs transmis par ailleurs. Pour la première année en 2020, le tir de cette espèce sera sujet à une limitation  en France. C'est mieux que rien mais un moratoire total serait la meilleure solution pour enrayer la baisse importante de cette espèce.
  • Le bruant jaune est aussi observé. Il est ici dans son milieu, ouvert avec des fragments de haies, des buissons et  des arbustes. Il est contacté plus difficilement aujourd'hui alors que le bruant zizi s'accommode plus des changements dans les paysages et les pratiques agricoles.
  •  Quelques oiseaux liés aux zones humides ont pu être observées avec le grèbe huppé notamment, oiseau lié aux vastes plans d'eau, nicheur sur le lac. A noter aussi la cisticole des joncs en pleine extension actuellement et la phragmite des joncs qui profite de la petite roselière autour d'une mare.
  • 24 espèces ont été observées ce soir. Les conditions météorologiques n'étaient  pas idéales. Cependant, la richesse de l'avifaune a pu être constatée . Nous avons en quelques centaines de mètres des contacts avec des espèces connues autrefois du bocage normand : coucou gris, pipit des arbres, bruant jaune, pouillot fitis, tourterelle des bois. Ces espaces réaménagés mais comprenant des zones où la nature s'exprime encore apparaissent comme des refuges pour certaines espèces d'oiseaux.
    Bruant jaune (Franck Letellier)
 Liste des espèces (Merci à Brigitte qui nous l'a communiquée)


-          TROGLODYTE MIGNON

-          POUILLOT FITIS

-          GRIVE MUSICIENNE

-          MERLE NOIR

-          BOUSCARLE DE CETTI

-          FAUVETTE A TETE NOIRE

-          COUCOU GRIS

-          POUILLOT VELOCE

-          BERGERONNETTE GRISE

-          PHRAGMITE DES JONCS

-          BRUANT JAUNE

-          TOURTERELLE DES BOIS

-          FAUVETTE DES JARDINS

-          HIRONDELLE RUSTIQUE

-          CISTICOLE DES JONCS

-          PIPIT DES ARBRES

-          TARIER PATRE

-          LINOTTE MELODIEUSE

-          MARTINET NOIR

-          HERON CENDRE

-          PIGEON RAMIER

-          GREBE HUPPE

-          PINSON DES ARBRES

-          ENGOULEVENT D’EUROPE


samedi 18 mai 2019

Rendez-vous du 7 mai 2019 au Hommet d'Arthenay (50)

Le bois du Hommet est à l'arrière-plan.
Le temps est correct  pour cette sortie dans le marais de la Garderie au Hommet d'Arthenay- Pont-Hébert.  9 personnes sont présentes.
Le marais de la Garderie situé entre la rivière Terrette et le bois du Hommet est un petit marais qui  se trouve au nord de la route reliant les Champs de Losque à Le Dézert . La superficie prospectée ce matin est d'environ 40 hectares constitués de vastes prairies de fauches et de quelques prairies à joncs. Une mare de chasse en eau même si le niveau est assez bas apporte encore plus de diversité à l'ensemble.
La sortie permettra de contacter des espèces de passereaux typiques des zones de marais, quelques espèces d'oiseaux d'eau et aussi des espèces plus forestières à cause de la proximité du bois du Hommet et d'une zone plantée récemment par les chasseurs. Une partie des fossés ont été nettoyés de leurs saules si bien que la strate arbustive a pratiquement disparu du paysage.
Pas de suspense : la sortie était intitulée "Le coucou est-il arrivé?". A  son issue, on aurait pu répondre par la négative parce qu'il n'y eut point de coucou. Familier des lieux, il ne s'est pas présenté ce matin. Le coucou est pourtant arrivé dans la Manche à la mi-avril.
Bergeronnette "flavéole" à la recherche du bon matériau.
Le premier oiseau observé est le faucon crécerelle qui chasse en effectuant son vol statique dit "de Saint-Esprit". Le long d'un fossé herbeux s'agitent 3 tariers des prés, reconnaissables à leur sourcil clair et leur poitrine orangée. Ce passereau insectivore est un migrateur transaharien qui arrive en avril dans la région. Il installe son nid dans une petite dépression du sol sur des secteurs assez secs ou un peu surélevés à proximité des fossés. Un autre migrateur est aperçu au sol sur un secteur de prairie qui visiblement a servi à brûler les branchages issus de l'élagage des fossés. La bergeronnette flavéole y recherche des brindilles pour construire son nid. Nous la voyons effectuer plusieurs allers-retours d'ici vers une partie plus herbeuse où son nid sera bien difficile à trouver. L'individu photographié a un aspect un peu hybride avec la bergeronnette printanière type.
Auparavant, nous observons une grande aigrette perchée sur un pylone électrique et des aigrettes garzettes au sol ou perchées dans un grand chêne isolé en fond de marais. La grande aigrette est une non nicheuse (bec jaune). Les aigrettes garzettes, elles, ont les grandes plumes qui tombent dans le cou qui font partie du plumage nuptial. Elles pourraient nicher dans le secteur : ce sont des nicheurs arboricoles comme les hérons cendrés.
Beau bruant des roseaux chantant
Les chasseurs ont boisé une petite zone en rive droite de la Terrette. De là, nous proviennent les chants de la grive musicienne, du rougegorge, du merle, du pinson et du troglodyte. C'est surtout celui du pouillot fitis qui retient l'attention parce que cet oiseau est entendu essentiellement en migration. Ici il pourrait s'agir d'un oiseau nicheur. Il niche au sol et  apprécie une certaine fraîcheur.
Plus loin, nous approchons de la mare de chasse. Une cigogne décolle de la mare : un couple a son nid tout près du bois,  sur une cheminée. Des vanneaux huppés déjà aperçus précédemment alarment. Apparemment, ils se sont éloignés des bords de la mare pour nicher et sont peut-être installés plus loin le long d'une petite remontée de terre. Il y a au moins 2 couples. Le bruant des roseaux chante perché sur une plante. On distingue bien son collier blanc et sa calotte noire. Un phragmite des joncs alarme dans les phragmites des bords de fossé. Ce petit passereau au sourcil clair peut être abondant le long des fossés où poussent quelques phragmites mais ici cette végétation étant peu abondante, ces oiseaux ne sont pas nombreux : 1 à 2 couples autour de la mare. On apercevra dissimulée par les herbes qui poussent dans l'eau de la mare le front blanc de la foulque macroule sûrement proche de son nid. Une bergeronnette grise est perchée sur le gabion : elle disparaît à nos yeux par moments pour plonger vers son nid.
Nous assistons aux évolutions des buses variables au-dessus du bois :  l'une d'elles a une proie dans les serres. Deux éperviers d'Europe sont semble-t-il irrités par la présence dans le ciel d'un faucon crécerelle. Signe qu'un nid est proche. Un couple nichait dans ce bois l'année dernière.
Beaucoup d'oiseaux à voir!
Nous revenons sur nos pas. Quelques martinets noirs tout juste arrivés et quelques hirondelles de cheminée chassent au-dessus du marais. Les lieux bâtis où les 2 espèces nichent sont proches du marais, c'est pratique! Au retour, une caille des blés est entendue brièvement : la présence de cet oiseau est liée à la hauteur des niveaux d'eau dans des zones où elle niche traditionnellement (Anjou). Si ce secteur est trop mouillé, elle pousse au nord et on peut la noter comme chanteuse ici.
L'alouette des champs chante à nouveau et marque son territoire. Trois chanteurs seront entendus et des individus vus en vol rasant ou s'envolant d'un site de nid possible.
Nous ne citerons pas tous les oiseaux observés. Nous avons pendant cette sortie observé un bon nombre d'espèces, 40 exactement. Beaucoup d'entre elles  sont liées aux prairies de fauche comme la flavéole, le tarier des prés et l'alouette des champs, d'autres  sont plus liés à la végétation des fossés comme le phragmite des joncs et le bruant des roseaux, d'autres encore aux abords des mares de chasse comme la foulque macroule, le canard colvert et le vanneau huppé, d'autres enfin à des secteurs plus boisés (saules) comme  le pouillot fitis. Ces zones de marais présentent des mosaïques de milieux qui influent sur la diversité des espèces d'oiseaux : l'hygrométrie du sol, les conditions météorologiques  et l'entretien de ces zones (calendrier de fauches) jouent  aussi un rôle important dans la présence de telle ou telle espèce. La bergeronnette flavéole et le tarier des prés sont ainsi peu présents pour ne pas dire absents du marais tout proche du Hommet  au sud qui lui est plus humide. Le phragmite des joncs et le bruant des roseaux par contre y sont plus abondants.
Où est-elle?

Toutes les images sont de Patrick Potevin. Merci à lui pour ces beaux verts printaniers.

Liste des espèces
Accenteur mouchet, aigrette garzette, alouette des champs,bergeronnette flavéole, bergeronnette grise, bruant des roseaux,  buse variable, caille des blés, canard colvert,  choucas des tours, cigogne blanche, corneille noire, épervier d'Europe, étourneau d'Europe, faisan de Colchide, faucon crécerelle,fauvette à tête noire, fauvette grisette, foulque macroule, grande aigrette, grive draine, grive musicienne, héron cendré, hirondelle de cheminée, linotte mélodieuse, martinet noir, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, phragmite des joncs, pigeon ramier, pinson des arbres, pouillot fitis, pouillot véloce, poule d'eau, rougegorge familier,  tarier des prés, tourterelle turque (bourg), vanneau huppé.

Espèces qu'on aurait pu voir ou entendre : tarier pâtre, tourterelle des bois, bouscarle de Cetti, faucon hobereau, courlis cendré , rousserolle verderolle, petit gravelot et bien sûr le coucou gris.

Prochaine sortie 

Mercredi 5 juin 2019

Millières (50)

A la recherche de l'engoulevent

Départ de Saint-Lô (piscine) 19h00 ou rendez-vous 19h30 au lac des bruyères à Millières

Prévoir pique-nique

Contact : Philippe Gachet 0689568574 ph.gachet1@orange.fr

Réservation obligatoire par mail ou sms.  La sortie sera annulée en cas de mauvaises conditions météorologiques

samedi 13 avril 2019

Rendez-vous du 3 avril 2019 à Saint-Fromond (50)

Le château des cigognes
Au lever du jour, il avait plu abondamment dans la nuit et sur le matin si bien qu'on pouvait craindre la pire météo pour cette sortie. Un ciel plus clair vers le nord nous a encouragés à prendre malgré tout la direction de Saint-Fromond. Bien en a pris aux 9 participants car malgré une certaine fraîcheur peu confortable, le temps s'est maintenu au sec et s'est même éclairci pendant la visite.
La sortie débute devant le château  de la Rivière en ruines qui accueille une belle colonie de cigognes blanches comprenant une trentaine de nids. Nous observons les couples à des stades différents de la reproduction, parades, construction de nid, couvaison. Certaines de ces cigognes sont baguées.
L'environnement boisé d'aulnes de saules et d'épineux est accueillant pour de nombreux passereaux.  Nous distinguerons particulièrement le chant du pouillot fitis, migrateur printanier qui remonte plus au nord. Le chant ressemble à celui du pinson et se termine par quelques notes longues et tristes. Autre oiseau bien présent, la linotte mélodieuse dont les cris et le chant retentissent dans les saules : un peu plus loin, une femelle sera vue transportant des matériaux pour le nid. Cette espèce est sur la liste rouge des espèces menacées de Normandie. Le moineau domestique a établi une petite colonie dans le château : il n'est pas rare qu'il établisse son nid dans le soubassement des nids de cigogne. Pour l'heure, il cherche quelques insectes dans les saules. Comme nous nous trouvons dans une zone de transition entre le bocage et le marais, nous entendons les chants des espèces communes comme le pinson des arbres, le rougegorge familier, le pouillot véloce, l'accenteur mouchet ou la grive musicienne. Un ou deux merles sont vus mais comme partout ils se font rares et discrets pour des raisons de chute des effectifs mais aussi parce que les nichées sont en cours.
Femelle de linotte transportant des matériaux

Nous suivons le chemin qui nous engage dans le marais. Le paysage" avifaunistique " (un mot que je voulais placer pour rehausser le standing de ce texte) change puisque nous commençons à observer des espèces des zones humides. Il ne faut pas longtemps pour repérer le cri et voir un bruant des roseaux perché au sommet d'une phragmite. Le chant sera entendu plus tard, brève phrase discrète et peu musicale. Les fossés bordés d'une maigre roselière suffisent à la présence de l'espèce. Nous entendons le chant fort et puissant de la bouscarle de Cetti, une des seules façons de repérer l'oiseau. Une alouette des champs  entonne en vol son chant long et musical qu'elle effectue en montant et en descendant dans les airs. L'oiseau est, grâce à ce chant, bien cantonné et marque son territoire de nidification. A noter que la phrase musicale est différente selon que l'oiseau monte ou descend. Dans le lointain, le busard des roseaux circule en chasse à basse hauteur. Son vol est constitué de parties battues courtes et de longs planés. Nous verrons le mâle et la femelle, successivement.
Des hirondelles de rivage surtout et quelques rustiques filent en nombre vers le nord : elles sont conformes à leur date habituelle d'arrivée dans la région. Deux grandes aigrettes se nourrissent un peu plus loin ; une aigrette garzette est dans le même coin pas très loin des mares de gabion. Sur une de ces mares, circulent deux foulques macroules qui nicheront ici si les niveaux d'eau sont suffisants. Les nichées peuvent être fragilisées si le busard est dans le secteur. Un cygne tuberculé est posé sur l'eau d'un large fossé : c'est le cygne des plans d'eau d'agrément mais il a tendance à se multiplier dans certaines zones de marais. Plusieurs passereaux typiques de ces zones de prairies humides se font voir : pipit farlouse et pipit spioncelle. Ce dernier est plus élancé que le farlouse et a les rectrices externes blanches : il est uniquement présent en hivernage, de façon localisée, et en passage migratoire.
Bel envol de canards pilets
Nous nous rapprochons des mares de gabion par un chemin très mouillé : c'est là que nous détectons la présence des bécassines des marais qui s'envolent bruyamment à l'approche. Leur cousine, la bécassine sourde s'envole sans bruit et va se poser tout près. Ce sont des critères qui permettent de différencier les 2 espèces. La sourde est beaucoup plus rare que la "des marais" cependant!
Les canards posés sur la mare de gabion s'agitent et le dérangement les fait décoller : il y a une petit groupe de canard pilet, canard élégant qui semble avoir un long cou et dont le mâle montre un filet qui dépasse de la queue en vol (cf photo) et un groupe de canard souchet à l'épais bec long et aplati et aux couleurs proches de celles du tadorne de Belon.
Les laridés sont observés rejoignant le centre d'enfouissement technique proche : goéland cendré, goéland argenté et goéland brun. Un grand cormoran passe de temps en temps et quelques vanneaux huppés sont repérés : ces derniers sont probablement nicheurs et sont  en train de s'installer. 
Nous retournons vers le point de départ. D'autres passereaux sont observés à proximité du château : chardonneret élégant et bouvreuil pivoine qui se laissent voir au moment du départ. Il faut dire que l'abondance des épineux, prunelliers et aubépines, explique la présence du bouvreuil  qui n'a pas de territoire et a besoin de défenses naturelles pour protéger son nid. 
Cette sortie a permis d'observer 42 espèces d'oiseaux qui sont liées soit aux zones humides soit aux zones boisées  situées en limite des marais. Merci aux 9 participants de leur intérêt pour ces sorties qui permettent de progresser dans la connaissance des oiseaux et ici des zones humides. Ces zones sont en constante diminution et les pratiques d'entretien et d'agriculture auxquelles elles sont soumises les menacent encore plus.
On avance d'un bon pas pour se réchauffer (Gachet)


Liste des espèces : accenteur mouchet, aigrette garzette, bécassine des marais, bergeronnette flavéole, bouscarle de Cetti, bouvreuil pivoine, bruant des roseaux,  busard des roseaux, buse variable, canard colvert, canard pilet, canard souchet,  chardonneret élégant, choucas des tours, cigogne blanche, corneille noire, cygne tuberculé, fauvette à tête noire, foulque macroule,  goéland argenté, goéland cendré, goéland brun, grand cormoran, grande aigrette, grive musicienne, héron cendré,  hirondelle de cheminée, hirondelle de rivage, linotte mélodieuse, merle noir, moineau domestique, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres, pipit farlouse, pipit spioncelle, pouillot fitis, pouillot véloce, poule d'eau, rougegorge familier, troglodyte mignon, vanneau huppé.

Images : Patrick Potevin et Philippe Gachet
Rédaction : Philippe Gachet

Prochain rendez-vous

  Mercredi 7 mai 2019

Le coucou est-il arrivé?

RDV : 9h00 parking de la piscine de Saint-Lô (fond du parking) ou 9h 15 devant l'église du Hommet d'Arthenay.

samedi 6 avril 2019

Rendez-vous du 13 mars 2019 à Neuilly-la-Forêt (14)

Nous sommes peu nombreux ce matin pour effectuer la visite de la  propriété de Monsieur Pierre Lericque à Neuilly-la-Forêt. C'est dommage parce que le site est bien intéressant. Cette résidence familiale est située à proximité de zones de marais importantes. Mis à part le parc aménagé autour de la maison d'habitation, cette propriété est une exploitation agricole formée de grandes parcelles de prairies et de cultures. Le linéaire de haies a été globalement maintenu  au fil des années et on observe par endroits de petites mares qui constituent des petites zones humides. On sent un peu  partout que l'eau affleure, en observant des mares provisoires consécutives aux journées humides récentes.
Après un sympathique café qui réchauffe par ce temps venteux et frais, nous commençons la visite par les environs immédiats de la maison constitués d'un parc arboré datant du début du siècle dernier. Un oiseau décolle soudain d'un laurier à notre droite et va se percher un peu plus loin dans un résineux : nous avons à peine le temps d'identifier une chouette hulotte. Nous la laissons à son repos. Malgré la météo,  quelques oiseaux chantent dans le parc, pinson des arbres, rougegorge familier et troglodyte mignon. L'accenteur mouchet, ce petit oiseau au bec fin confondu souvent avec le moineau à cause de ses tonalités de plumage, chante sa ritournelle uniforme et vient au sol se nourrir de quelques petites graines.  Nous observons un grimpereau des jardins qui chemine sur le mur de terre d'un bâtiment annexe. Le grimpereau peut trouver quelques petits insectes dans les interstices de la terre battue et même s'y installer pour nicher dans une infractuosité.
Cigogne blanche baguée (Ph. Gachet)

Dans une prairie à l'arrière, est posée une cigogne blanche : elle est baguée et a visiblement un problème à une patte. Nous ne parvenons pas à lire la bague mais nous pouvons conclure que c'est un individu d'au moins 4 à 5 ans, le baguage des cigognes normandes s'étant arrêté à cette période.
La ferme fait partie du domaine et sur les parties boueuses à l'arrière des bâtiments, bergeronnette de Yarrell, moineau domestique, pinson des arbres et verdier d'Europe picorent dans la boue. Les hirondelles de cheminée ne sont pas encore revenues sur leur site habituel de nidification, une petite remise où nous observons les anciens nids. Certains vieux nids ont été annexés par le troglodyte. 2 buses variables au moins rôdent aux alentours du parc dans le bocage boisé voisin : c'est le début des manifestations sonores et aériennes qui préparent la nidification. Nul doute que les longues haies avec des perchoirs élevés et les grandes parcelles de prairie ou cultivées conviennent tout à fait à l'espèce. Nous progressons ensuite le long de chemins assez larges bordés de haies sur talus assez denses. Les pics épeiches se poursuivent haut dans les chênes et manifestent leur excitation par leu cri sec. Les couples sont déjà formés. Ces parties boisées et arborées sont le domaine du pigeon ramier et du pouillot véloce qui chante régulièrement ce matin : le chant reprend de façon importante quand les premières feuilles fraîches apparaissent sur les saules ou noisetiers et à la floraison des prunelliers. nous suivons ou traversons des parcelles de prairie ou de friches.
A l'arrière, double haie bocagère ( P. Potevin)
Un chardonneret élégant décolle d'une friche de colza : il  sera le seul oiseau observé sur les friches existantes. 2 mésanges à longue queue suivent le linéaire de la haie à la recherche de quelque araignée ou insecte sous les feuilles ou dans les lichens. Plutôt en bande en hiver pour rechercher de la nourriture, dès le début du printemps,  elles se mettent en couple et commencent la longue construction de leur nid : une boule de mousse et de lichen à ouverture latérale. Nous traversons certaines parcelles : à l'angle de l'une d'elles, il y a une certaine agitation. Grives mauvis et grives litornes sont quelques unes à circuler d'un arbre à l'autre : ces grives hivernantes qui aiment les prairies fraîches et les vergers mais aussi les friches deviennent beaucoup plus bruyantes avant leur départ en migration, vers des contrées plus septentrionales pour la mauvis et plus montagneuses pour la litorne. A noter que ces croisements de talus sont en général très vivants parce qu'ils offrent aux espèces des possibilités de circulation faciles en  ne les obligeant pas par exemple à traverser de grands espaces vides pour fuir. La densité de végétation plus importante  procure plus aisément des sites de nid, de la nourriture et un abri contre les prédateurs. Nous distinguons rapidement une fauvette à tête noire mâle qui passe d'un buisson à l'autre. C'est un premier arrivant  de cette espèce migratrice partielle qui hiverne en grande partie autour du bassin méditerranéen. Nous longeons un verger défréchi où paissent quelques moutons : la bergeronnette grise et la mésange charbonnière y circulent ou s'y nourrissent. Les oiseaux trouveront grâce à la laine des moutons accroché ici et là  des matériaux pour leur nid.
L'allée cavalière d'entrée (P. Potevin)
Nous terminons notre visite par le potager de la propriété. Les buses tournoient encore dans le ciel. La grive draine chante et s'agite dans les hautes frondaisons. Le vent est toujours bien présent.
La sortie s'achève, c'est le moment de tirer le bilan des observations effectuées. Même si le nombre d'espèces observées, 28,  est relativement important, le vent a empêché de voir ou d'entendre quelques espèces forestières ou liées aux espaces cultivés.
Les espèces les plus abondantes (nombre d'individus) sont ce matin-là : le pinson des arbres (13 contacts) la mésange bleue (11 contacts), le merle noir (8 contacts), le troglodyte mignon (7 contacts), le pigeon ramier (7 contacts) et le moineau domestique (non dénombré mais abondant). Ce sont logiquement des espèces  liées aux milieux boisés et aux milieux bâtis. L'abondance spécifique (nombre d'espèces d'oiseaux observés) est correcte mais s'enrichira facilement lors d'une éventuelle future visite plus printanière.
Merci à Monsieur Lericque pour son très bon accueil et toutes les informations fournies sur le site pendant la visite. Merci également à Patrick qui avait organisé la sortie.

Images : Patrick Potevin et Philippe Gachet

Liste des espèces observées : accenteur mouchet, bergeronnette grise et bergeronnette de Yarrell, buse variable, chardonneret élégant, chouette hulotte, cigogne blanche, corneille noire, étourneau sansonnet, fauvette à tête noire, grimpereau des jardins, grive draine, grive litorne, grive mauvis, grive musicienne, merle noir, mésange à longue queue, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, pic épeiche, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres,  pouillot véloce,  rougegorge familier, troglodyte mignon, verdier d'Europe

Grande parcelle partiellement inondée (P. Potevin)
 
Grande parcelle de prairie ( P. Potevin)

Prochain rendez-vous avec les oiseaux 

3 avril 2019

Cigognes et autres oiseaux du marais

Château de la rivière

Saint-Fromond

RDV : 9h piscine de Saint-Lô

ou 9h15 château de la rivière de Saint-Fromond