vendredi 8 mai 2026

Rendez-vous avec les oiseaux du 29 avril 2026 à Saint-Fromond

 Le site de Saint-Fromond est bien connu pour son  château de la Rivière qui accueille une belle colonie de cigognes blanches, près de 30 couples. Les murs de ce château délabré sont très favorables à l'installation des nids. Cet édifice  se situe au cœur du marais qui révèle encore d'autres richesses, beaucoup plus discrètes celle-ci.. 

Nous sommes 13 ce matin, pour découvrir les lieux : 6 personnes non adhérentes se sont jointes à nous, signe de l'intérêt qui est porté aux cigognes et aux animations.

A peine revenues de migration, les  cigognes blanches réoccupent leur nid. Elles ne partent pas toutes : certaines, souvent les plus vieilles se dispensent du voyage et passent l'hiver en Normandie. Le baguage de certains individus montrent que les sites d'hivernage sont moins lointains qu'auparavant. Certaines cigognes hivernent au sud de la Loire, dans les marais  atlantiques. Le retour est plus court et moins dangereux.

Les couples sont ce matin bien présents et très actifs sur les nids. Visiblement, les œufs sont pondus (2 à 5) et couvés par un des parents. Les œufs sont retournés régulièrement toutes les 20 minutes : c'est pour cela que l'on voit un individu debout sur le nid, en train de s'activer avec le bec. Un autre circule du nid au marais et rapporte des matériaux pour renforcer le nid qui peut atteindre jusqu'à 3 m de haut. L'incubation commence à partir du 2ème œuf et dure un mois. Les jeunes restent presque deux mois au nid. On peut donc envisager les premières éclosions en mai. Les adultes n'hésitent pas à claquer du bec en inclinant la tête vers l'arrière.

Nous observons d'autres espèces installées à proximité des nids : ce sont des espèces liées au bâti comme le moineau domestique qui peut faire son nid à l'intérieur du nid de cigogne,  le faucon crécerelle qui fait son vol sur place et s'installe dans une cavité des murailles, le troglodyte mignon qui peut aussi utiliser le nid de cigogne pour y faire un nid.

Les douves du château sont envahies par la végétation, des épineux (aubépines) et  des ronciers qui sont très favorables à l'installation des fauvettes. Nous entendrons la fauvette à tête noire (chant qui se termine par une phrase musicale), la fauvette des jardins (chant assez fort  mais assez brouillon), et surprise, la fauvette babillarde peut-être un migrateur, bien que le site soit propice.

Nous entendons le tonitruant chant de la bouscarle de Cetti sans la voir comme souvent. Les fauvettes se montrent assez difficilement, elles restent souvent cachées dans la végétation. 

Le phragmite des joncs reconnaissable à son sourcil clair circule dans les roseaux des berges (phragmite) .  Il chante en vol : c'est à ce moment qu'on peut le voir sortir des roseaux. On entend aussi une autre fauvette aquatique, plus discrète visuellement mais au chant identifiable, rythmé et énervé entrecoupé de sifflements, la rousserolle effarvatte.

Posées au loin, deux grandes aigrettes s'alimentent et une aigrette garzette plus petite passe en vol. Ces oiseaux plutôt sudistes sont arrivés en Normandie, il y a quatre décennies pour la garzette et moins pour la grande. Ces espèces se sont acclimatées et passent l'hiver en Normandie. Il y a de belles colonies de nicheurs ici et là dans la Manche (Baie du Mont-Saint-Michel-Tourbière de Baupte- Marais de la Côte Ouest). Ces espèces de héron blanc  nichent sur des arbres, comme le héron cendré.

En cheminant le long du chemin qui va vers le marais, nous observons des oiseaux plus courants, merle noir, rougegorge familier, pinson des arbres et pouillot véloce.

Un passereau aux parties inférieures jaune éclatant et à la longue queue est vu posé sur un poteau assez loin.  C'est la bergeronnette flavéole (la printanière a un sourcil blanc et la tête gris-bleu peut être vue aussi mais moins souvent ici). Elle fréquente les milieux ouverts et les secteurs de marais pâturés. C'est une des espèces que l'on rencontre le plus régulièrement dans les marais du Cotentin et du Bessin.

Nous apercevons dans les roseaux un autre passereau plus rond, à l'allure de moineau, la tête est noire avec un collier blanc. Le bruant des roseaux pousse un petit cri banal qui ne retient pas forcément l'attention mais il se montre volontiers perché au sommet d'un buisson ou d'un roseau.

Le coucou gris chante. Il est arrivé depuis deux semaines de ces zones d'hivernage (forêts du Gabon pour les occidentaux). Dès le début juillet, il sera reparti.

A l'extrémité d'un canal, un cygne tuberculé est posé sur l'eau avec des canards colverts. C'est l'espèce des parcs et des jardins. Elle a colonisé quelques secteurs de marais où elle peut être abondante.  La population normande est stable.

Les marais accueillent plusieurs espèces de rapaces notamment des busards. Nous observons au loin un busard des roseaux,  il vole en V, lentement, à mi-hauteur avec des moments planés et des retours brusques et guettent les oiseaux ou les petits rongeurs. Il niche au sol dans les roselières mais aussi dans des cultures. 

Un autre busard identifiable à son croupion blanc est vu de très loin, c'est le busard Saint-Martin qui peut être confondu avec le busard cendré, plus fin et gracile cependant, avec une ligne noire sur l'aile grise pour le mâle. Les pontes de ces busards sont très fragiles et victimes de prédation  par les corvidés, les renards  et les sangliers.

Un autre passereau typique du marais est vu sur le chemin : il fait des allers et venues entre le sol et un poteau bien en vue. On distingue son sourcil clair et une silhouette assez fine. Le tarier des prés est arrivé récemment de migration : il va se reproduire dans ces marais. Il est tributaire de perchoirs et de prairies à insectes. Cela permet d'insister sur l'importance dans les marais, de la présence de perchoirs pour certaines espèces comme les tariers, les bergeronnettes, les bruants, etc.

Le cisticole des joncs pousse des cris répétés en l'air. Petit oiseau fragile, il peut être décimé par les vagues de froid. Plutôt cantonné autrefois dans les zones de marais, on le rencontre plus qu'avant aujourd'hui dans des zones de bocage semi-ouvert. Pour l'anecdote, le mâle est particulièrement prolifique : en une saison, il peut féconder plusieurs femelles. 

Des hirondelles de rivage (queue courte et plumage brunâtre) passent en migration : c'est l'espèce qui niche dans les micro-falaises dunaires et ripulaires (des rives).

Les goélands argentés passent et se dirigent vers le centre d'enfouissement technique voisin. 

Une spatule blanche vole vers notre groupe : le cou est tendu et le bec aplati est bien visible. C'est aussi un oiseau d'acquisition assez récente en Normandie. 

L'alouette des champs n'oublie pas de chanter bien haut dans le ciel : elle chante en montant et en descendant. 

De retour vers notre point de départ, le pouillot fitis et la fauvette grisette poussent leur chant. 

Bien que ventée, cette sortie a permis d'observer une grande partie des espèces que vous pourrez rencontrer dans un marais normand : la gorgebleue à miroir a manqué cependant à l'appel mais de plus grandes roselières sont nécessaires pour l'observer.

Merci à toutes et tous pour votre patience et votre curiosité.

Liste des espèces (39)

Aigrette garzette, alouette des champs, bergeronnette flavéole, bouscarle de Cetti, bruant des roseaux, busard des roseaux, busard Saint-Martin, buse variable, canard colvert, choucas des tours, cisticole des joncs, coucou gris, corneille noire, cygne tuberculé, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, fauvette babillarde, fauvette des jardins, fauvette grisette, goéland argenté,  grand cormoran, grande aigrette, grive musicienne, hirondelle de rivage,  hirondelle rustique, linotte mélodieuse, merle noir, moineau domestique, mouette rieuse, phragmite des joncs,  pigeon ramier, pinson des arbres, pouillot fitis, pouillot véloce, poule d'eau,  spatule blanche, tarier des prés, tarier pâtre, troglodyte mignon.


 




 

 Prochaine sortie

La Chapelle-sur-Vire-Troisgots/50 

Mercredi 27 mai 2026 

Les oiseaux de la carrière et des bords de Vire

Rendez-vous : 9h sur le petit parking à droite après l'église, juste avant le pont, à La Chapelle-sur-Vire/50 sur la D 159