Sainte-Suzanne-sur-Vire est un petit bourg niché dans la vallée de la Vire entre Saint-Lô et Condé-sur-Vire. On peut y voir une remarquable église classée datant du XVe siècle et entourée par un écrin de verdure. Il suffit de passer le pont pour rejoindre le chemin de halage, chemin de randonnée très prisé.
Nous sommes onze ce matin. La brume était installée mais s'est dissipée rapidement.
En attendant, nous observons des oiseaux des zones bâties, bergeronnettes grises et yarrell (celle-ci arrivent des îles britanniques) perchées sur le toit de l'école, étourneaux en petite bande soit locaux soit arrivant du nord (Allemagne- Pays nordiques), moineaux domestiques fréquentant les sous-toits de l'église. Un pic vert bien enervé se perche ce qui est rare sur le toit de l'église.
A l'invitation de Matthieu, nous visitons les combles de l'église où le GONm, par l'intermédiaire de Thierry Lefebvre avait installé, il y a plusieurs années, deux nichoirs. Ceux-ci ont été occupés au long des années par la chouette effraie au moins mais rien ne dit que le deuxième nichoir n'ait pas été occupé par une autre espèce peut-être pas simultanément (chevêche d'Athena?). Les nichoirs ont été vidés de leurs pelotes : ils n'avaient pas été occupés en 2026 apparemment. Matthieu se chargera de la surveillance du nid (photo ci-contre de JMJ).
Notre petit groupe s'attarde au début sur l'espace vert situé en rive gauche pas loin de l'église qui constituera peut-être un refuge de nature.
Pinsons des arbres, mésanges bleue et charbonnière, verdiers d'Europe et rougegorges familiers s'affairent dans les aubépines notamment. Les pinsons des arbres sont des grands migrateurs : les populations du nord se déplacent en nombre en octobre. Une fauvette à tête noire nous frôle.| Pic épeiche (PP) |
Un pic épeiche se laisse observer sans plus : il est en partie dissimulé par une branche. On voit bien sa tête noire avec une barre rouge sur le cou et les grandes taches blanches sur les ailes.
Nous sommes rapidement en contact avec les espèces de la rivière et de son lit majeur.
La bergeronnette des ruisseaux se manifeste en poussant son cri de vol? Son vol très onduleux dû à sa longue queue permet de l'identifier. La bergeronnette des ruisseaux peut migrer aussi à l'automne vers des horizons plus doux. Le long de la rive, le niveau d'eau très bas permet de distinguer les mouvements discrets des poules d'eau : il y a déjà quelques individus en groupe. En hiver, on peut voir des grands groupes près du pont de chemin de fer plus en amont (40 à 50 individus).
| Verdier d'Europe (PP) |
A l'approche des passants, un petit groupe de canard colvert s'éloigne sur l'eau.
En peu de temps, nous avons rencontré les 4 espèces inféodées à la rivière : bergeronnette des ruisseaux, poule d'eau, canard colvert et martin-pêcheur.
Une aigrette garzette posée en rive ou sur une prairie voisine s'envole ; on distingue ses pattes jaunes qui dépassent bien de la queue. Petit héron blanc, elle est vue en hiver de façon isolée ou un peu distante de ses congénères, par opposition au héron garde-bœufs qui lui ressemble mais est plus grégaire. Elle exploite les rives vaseuses et la prairies humides. C'est un migrateur même si de plus en plus d'oiseaux passent l'hiver dans notre région.
| Hérons cendrés en vol (PP) |
Le niveau d'eau est faible et le courant relativement réduit : idéal pour le petit grèbe castagneux qui fait le spectacle pendant quelques minutes. Il plonge régulièrement à la recherche de petites proies et ressort un peu plus loin. Il faut être rapide pour le capter quand il est sur l'eau. Certains de ces oiseaux se reproduisent sur les plans d'eau calme connectées à la rivière, biefs ou bras morts.
Un corbeau freux nous survole. C'est un oiseau grégaire qui niche en colonies plus ou moins abondantes dans les rangées d'arbres élevés. Il est plus rare ici que la corneille noire.
D'autres oiseaux seront observés en cheminant, la buse variable très sédentaire, la bouscarle de Cetti qui chante très fort pour éloigner le promeneur, oiseau typique du réchauffement climatique qui s'acclimate de plus en plus de milieux différents.Au retour, nous nous arrêtons au pied du côteau boisé qui révèle parfois quelques espèces forestières : de fait, le pic épeiche pousse son petit "psic" et la mésange nonnette (à calotte noire et à bavette noire) cherche sa pitance dans les frênes présents ici et qui souffrent beaucoup de la sécheresse mais aussi d'une maladie spécifique.
Le grand cormoran est très courant ici. Il se nourrit sur la rivière et forme des dortoirs dans des arbres en soirée.
Le temps a passé vite et nous revenons au point de départ non sans admirer un verdier d'Europe en pleine lumière. Cela permet de remarquer la délicatesse de ses couleurs.
Finalement, 32 espèces ont été vues ce matin. C'est un score satisfaisant après une longue période de calme. On sent que les migrateurs arrivent et vont peupler rapidement les campagnes ... et les villes aussi.
Merci à tous et toutes pour votre curiosité et votre bonne humeur.
Liste des espèces : accenteur mouchet, aigrette garzette, bergeronnette grise, bergeronnette de Yarrell, bergeronnette des ruisseaux, bouscarle de Cetti, buse variable, canard colvert, choucas des tours, corbeau freux, corneille noire, étourneau sansonnet, fauvette à tête noire, geai des chênes, grand cormoran, grèbe castagneux, grimpereau des jardins, héron cendré, martin-pêcheur d'Europe, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, pic épeiche, pic vert, pie bavarde, pigeon ramier, rougegorge familier, tourterelle turque, troglodyte mignon, verdier d'Europe.
Photos : Jean-Marc Jansen et Patrick Potevin
A gauche : image des nombreux graffitis qui figurent sous le porche d'entrée de l'église.
Prochaine sortie
Mercredi 25 novembre 2026
AGNEAUX/50
Oiseaux du parc urbain, du bois et de la vallée
Départ : 9h30 place de la Mairie La Pallière à Agneaux /50
Gratuit et ouvert à toutes et tous



