jeudi 5 février 2026

Rendez-vous avec les oiseaux du 4 février 2026 à Pont-Hébert/50


Le temps est calme et ensoleillé, idéal pour observer les oiseaux qui seront de fait bien au rendez-vous! Nous sommes 15 ce matin au départ de la rue des Juifs qui permet de descendre rapidement vers le chemin de halage situé en rive gauche de la Vire.

Ce sont les oiseaux des bourgs que nous observons tout d'abord : choucas des tours qui s'inquiètent de leur cheminée préférée, tourterelle turque qui chante, perchée sur le clocher de l'église, moineaux domestiques qui piaillent dans les jardins et aussi le verdier d'Europe, oiseau assez courant dans les zones habitées du moment qu'on y trouve des thuyas ou des cupressus mais aussi étourneaux sansonnets déjà actifs pour la recherche de cavités où nicher.

Nous descendons vers la Vire en écoutant le chant assez doux et bref de l'accenteur mouchet, petit oiseau à a tête grise et au bec pointu qui se nourrit souvent au sol. A cette époque, on peut voir ces oiseaux se poursuivre sur des haies souvent monospécifiques (buis, cotoneaster, cupressus, par exemple). Le long de la rive et circulant discrètement mais actives tout de même, quelques mésanges ou orites à longue queue sont en recherche de nourriture en bande. Il est rare en hiver d'en voir une, isolée. Dans les branches basses de la rive, circulent quelques pouillots véloces à peine visibles dans le fouillis végétal.

Nous observons les classiques mésanges bleue et charbonnière et pinsons des arbres (vol onduleux, barres alaires visibles en vol). Dans un aulne, quelques oiseaux se nourrissent des graines des aulnes. Malgré le contre-jour, on distingue  leur face colorée de rouge et le jaune sur les ailes, ce sont des chardonnerets élégants qui évoluent en bandes en hiver. On entend aussi un discret tarin des aulnes qui a un cri disyllabique : lui aussi est un mangeur des graines d'aulnes. D'où son nom!

Nous nous tournons vers les prairies qui remontent vers d'anciens bâtiments de ferme assez dégradés. Les mouettes rieuses les survolent tranquillement. Une corneille noire est perchée sur le toit de tuiles et le corbeau freux passe au loin : peau nue blanche autour de la base du bec. Il niche en colonie, appelée corbeautière. Un faucon crécerelle se repose au sommet d'un conifère. La lumière basse écrase les couleurs de son plumage. Le milieu est idéal pour lui, perchoirs élevés qui permettent de voir loin et grandes parcelles riches en micro-mammifères ou gros insectes aux beaux jours. Il fréquente un peu le même milieu que la buse variable que nous voyons un peu plus tard dans la même zone. Un épervier d'Europe est chassé par une corneille et ne s'attarde pas. Un vanneau huppé, alternance en vol de noir et de blanc et ailes larges, passe tranquillement :  son vol est ample et lent. La vitesse du vol permet parfois d'identifier les oiseaux : c'est notamment le cas pour les goélands. Tiens, justement,  un goéland cendré nous survole, c'est le plus petit des goélands. Il fréquente volontiers les prés humides. Son vol est plus lent que celui du goéland argenté.

Dans ces prés où l'eau affleure souvent et forme des mares provisoires, le pipit farlouse et a bergeronnette grise sont souvent observés mais nous n'en observerons aucun d'entre eux ce matin.

Nous arrivons près d'une zone boisée, précédée de buttes broussailleuses. Deux oiseaux sont discrètement perchés dans un aulne. Eux aussi tapent dans les graines d'aulnes. Nous distinguons la queue fourchue et la poitrine rouge, la marque rouge sur le front de la linotte mélodieuse assez proche du chardonneret dans ses habitudes. Elle peut former de grandes bandes qui exploitent  les chaumes hivernaux.

Des mouvements dans le gui et les lierres sont remarqués : 3 fauvettes à tête noire , 2 mâles et 1 femelle se nourrissent mais se poursuivent aussi. Au loin, un pic vert traverse à faible hauteur, une grive draine amorce un chant vite stoppé et nous notons deux ou trois individus perchés haut, plus loin. 

Des roitelets circulent ici et là, les deux espèces sont présentes et vues si on les repère  d'abord à l'œil nu, huppé et triple-bandeau. Ce sont des petits oiseaux très actifs en hiver, souvent en ronde comme les mésanges. Autre petit oiseau repéré par son cri aigu répété plusieurs fois, le grimpereau des jardins. Plus tard, nous en observons un qui tape dans les mousses d'une branche de chêne.

Un pic épeiche pousse son cri et tambourine légèrement : ce tambour n'est encore pas très vigoureux. Nous finissons, après les avoir entendues, par voir deux sittelles torchepots, arpentant la tête en bas et en sautillant quelque chêne. La sittelle nichera bientôt dans une cavité dont elle aura diminué le diamètre d'entrée avec de la boue.

Sur le chemin du retour, nous observons sur le côteau, en rive droite, une jolie bande d'étourneaux mais plus intéressant, des grives mauvis, une vingtaine au moins forment une couronne d'oiseaux au sommet d'un chêne. C'est la silhouette qui n'est pas celle d'un étourneau et le fait que ce soit un groupe qui permettent d'identifier l'espèce de grive.

En rive, trois jeunes grands cormorans  sont au repos sur des aulnes, ils ont le devant clair. Quelques canards colverts sont posés tranquillement mais s'envolent tout de même à notre approche. Une poule d'eau passe sous les branches retombantes de la rive. Un possible martin-pêcheur est vu très rapidement. Le martin-pêcheur a besoin d'environ  3 km de cours d'eau pour établir un territoire.

Notre petit groupe rejoint le point de départ avec 40 espèces dans la musette. Joli score! C'est la deuxième fois cette année que  nous obtenons un score si élevé. Il est vrai qu'avec 15 paires d'yeux de plus en plus aguerris, c'est plus facile de voir un grand nombre d'espèces. La météo était idéale, il faut le préciser. En traversant des milieux finalement assez variés, nous avons noté une certaine richesse spécifique : quelques espèces attendues comme les pipits, les bergeronnettes et les hérons étaient absentes, cependant.

Photos : Patrick Potevin (groupe, faucon crécerelle, mésange bleue et accenteur mouchet)-Matthieu Paillard (Grands cormorans immatures)

Retrouvez d'autres photos après la liste ci-dessous. 

Liste des espèces (40) : accenteur mouchet, buse variable, canard colvert, chardonneret élégant, choucas des tours, corbeau freux, corneille noire, épervier d'Europe, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, goéland argenté, goéland cendré, grand cormoran, grimpereau des jardins, grive draine, grive mauvis, grive musicienne, linotte mélodieuse, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, mouette rieuse, orite à longue queue, pic épeiche, pic vert, pie bavarde,  pigeon ramier, pinson des arbres, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet à triple-bandeau, roitelet huppé, rougegorge familier, sittelle torchepot,  tarin des aulnes, tourterelle turque, vanneau huppé, verdier d'Europe.

Prochaine sortie

Cerisy-la-Forêt/50

Les oiseaux de la forêt : premiers chants

Mercredi 18 mars 2026 

Rendez-vous : 9h à la maison forestière du Rond-Point (qui ne se trouve  pas au rond-point de l'embranchement  mais  sur la D13, en allant vers Cerisy en partant de ce grand rond-point)  à Montfiquet/14.

Autres images  

Les participants au départ du parcours (PPo)

Mésange bleue (PPo)



Rougegorge familier (PPo)




Grand cormoran (PPo)

Grand cormoran (PPo)

Travaux d'aménagement du chemin (PPo)

Bovin et étourneau sansonnet profiteur



Buse harcelée par choucas (PPo)


Cherchez l'oiseau (MPa)

 

Le choucas des tours revient sur sa cheminée chaque jour (Philippe Gachet)

Photo! (Philippe Gachet)

vendredi 23 janvier 2026

Rendez-vous avec les oiseaux du 21 janvier 2026 à Geffosse-Fontenay/14


 "C'est par une belle et calme matinée hivernale que s'est déroulée la première animation de l'année".

Ce compte-rendu aurait pu commencer ainsi, comme cela a été suggéré en fin d'animation mais non, les conditions météorologiques   étaient très défavorables. Les pluies importantes et le vent qui avaient accompagné les 6 vaillants participants pendant leur trajet pour accéder au lieu de rendez-vous laissaient craindre le pire. Heureusement sur place, il n'y eut que la moitié du pire avec uniquement un frais vent à décorner les bœufs mais pas de pluie. Difficile de tenir la lunette ou les jumelles! Dans ce secteur plat de la baie des Veys, il y a peu d'obstacle pour ralentir le vent.

 Ces conditions particulières ont amené à raccourcir le temps d'observation à 1h30 maximum.

Comme habituellement, le groupe emprunte l'arrière dune qui permet d'observer à la fois les oiseaux de l'arrière dune et de la mer pour revenir par la plage ou tout au moins le rivage sableux.


Les vanneaux huppés sont bien présents un peu partout. La vague de froid récente les a fait descendre. Nous apercevons un vol assez lointain qui paraît assez sombre et compact.  Le vol assez lent  ("coups d'ailes tranchants et peu nombreux"dit le guide), la largeur des ailes et la taille d'un pigeon permettent d'identifier le vanneau. Les ailes présentent en vol à la fois le dessus sombre et le dessous blanc : ce qui donne de loin un vol alternant clair et sombre.

Un héron cendré est discrètement planté à l'abri d'une haie basse dans une prairie. Une aigrette garzette passe. Des bernaches cravants à ventre sombre (espèce du nord de l'Europe et de Russie) pâturent tranquillement dans une grande parcelle légèrement inondée : elles alternent le pâturage de l'herbe qui repousse sur la terre sableuse et des moments de repos sur la mare provisoire qui s'est crée là suite aux précipitations importantes.

Les jumelles se tournent vite vers la mer car arrivent au loin un nombre important d'oiseaux,  de gros oiseaux sombres volant au ras de l'eau qui s'avèreront être des grands cormorans et  des oiseaux blancs avec la pointe de l'aile noire volant un petit peu plus haut et plongeant régulièrement pour pêcher, des fous de Bassan. Il y a bien une cinquantaine d'oiseaux de chaque espèce qui se livre à cette pêcherie. La mer descendante doit amener des bancs de poissons importants. Ce spectacle va durer assez longtemps pour s'atténuer peu à peu. Les poissons sont passés.

Des laridés se mêlent à cette descente, goélands argentés, goélands marins, goélands cendrésmouettes rieuses et aussi une sterne caugek  pêcheuse avertie elle aussi : on la reconnaît à la pointe jaune de son bec.

Un grèbe huppé pourrait profiter aussi de la manne mais il semble plutôt au repos, posé sur l'eau. Le grèbe huppé se reproduit sur les plans d'eau douce mais l'hiver, il fréquente volontiers le littoral et il n'est pas rare de le voir sur l'eau près du rivage. D'autres grèbes peuvent être observés ici, le grèbe esclavon et le grèbe castagneux.

Quelques pipits farlouses décollent de la plage. C'est leur cri qui les trahit. Le vent fort empêchera ce matin d'observer  beaucoup de passereaux qui se mettent à l'abri. Nous observons tout de même le traditionnel tarier pâtre autrefois traquet pâtre pour les "anciens" : quelques ronciers, quelques arbrisseaux dégarnis et des clôtures pour se percher lui suffisent. C'est un oiseau typique des milieux ouverts à végétation basse et maigre. Le couple est observé : il y a une nette différence entre le mâle et la femelle qui pourrait faire penser en les voyant qu'on a à faire à deux espèces différentes. Le mâle  a la tête noire, un demi-collier blanc caractéristique et une tâche orangé sur la poitrine. Une linotte mélodieuse est aussi vue posée au sol.

Nous faisons un petit arrêt pour poser la lunette et observer les oiseaux qui se trouvent posés et se nourrissant derrière le groupe  de bernaches sur la grande parcelle de culture à l'arrière de la dune. 

Il est assez facile de distinguer un bon groupe de pluviers dorés, petit limicole qui paraît brun dessus mais qui en fait le plumage est un peu gris et parsemé de tâches jaunes plus ou moins clairs qui lui donnent un aspect brun. On le trouve souvent associé au vanneau huppé dans les champs labourés et les prairies. C'est un oiseau continental. Le pluvier doré est un hivernant intégral plus ou moins abondant selon les rigueurs des hivers. Il y a aussi dans ce groupe d'oiseaux  d'autres limicoles, bécasseaux sanderling et variable mais il est vraiment difficile de détailler les groupes avec ce vent décidément très gênant. De gros canards noir et blanc  avec un bec rouge nous survolent : des tadornes de Belon, oiseau caractéristique des zones estuariennes. 

Un groupe de passereaux va se réfugier dans un roncier, ce sont des verdiers d'Europe : en plus de l'aspect un peu gros de l'oiseau, on distingue à la lunette la barre jaune des ailes. Ce n'est pas un oiseau typique des rivages mais la présence de conifères de type thuya ou cupressus autour des constructions peut expliquer leur présence  mais rien n'interdit de penser que dans la journée, ils exploitent  la laisse de mer.  On entend un bref cri d'alouette des champs. Aux beaux jours, c'est l'oiseau typique de ces zones côtières dunaires.

Nous prenons la plage pour revenir à notre point de départ. Le vent devient de plus en plus désagréable. 

Des petits groupes d'oiseaux sont à pied d'œuvre sur la laisse de mer : ils sont très mobiles et s'envolent à la moindre perturbation. Nous voyons d'abord un groupe de grands gravelots : en hiver, c'est en général, le seul gravelot présent même si on peut voir désormais un peu plus mais rarement de gravelots à collier interrompu, nicheur célèbre des plages normandes. En vol, on distingue bien la barre blanche sur l'aile du grand gravelot.

Une observation attentive à la lunette de la laisse de mer permet d'observer trois espèces différentes : le bécasseau sanderling bec de limicole pointu, plumage gris blanc, jouet mécanique de la plage, le pluvier argenté, bec assez court et fort, plus gros et plus marin que le pluvier doré ( en vol on distingue ses aisselles noires) et le tournepierre à collier reconnaissable au motif sombre sur sa  poitrine et à son bec pointu.  Ces 3 espèces trouvent leur nourriture dans la laisse de mer. N'oublions pas plus loin l'huîtrier-pie, plumage noir et blanc et  bec rouge. 

Bon c'est pas l'tout. Il ne fait pas chaud. On se rentre à l'abri! 

Deux phoques veaux-marins se sont montrés également. Il y a une colonie dans la baie qui attire les curieux. 

Nous avons observé ce matin les espèces habituelles des havres et des baies normandes  mais malheureusement peu de passereaux qui auraient pu enrichir la collection.

Merci à nos vaillants et vaillantes adhérentes qui n'ont pas hésité à affronter les intempéries pour observer ces 25 espèces d'oiseaux.

Merci à Jean-Marc Jansen pour ses images. 

Liste des espèces : aigrette garzette, alouette des champs, bécasseau sanderling, bécasseau variable, bécassine des marais, bernache cravant à ventre sombre, étourneau sansonnet, fou de Bassan, goéland argenté, goéland cendré, goéland marin, grand cormoran, grand gravelot, grèbe huppé, héron cendré, linotte mélodieuse, mouette rieuse,  pipit farlouse, pluvier argenté, pluvier doré, sterne caugek, tadorne de Belon, tarier pâtre,  tournepierre à collier, vanneau huppé, verdier d'Europe

Prochaine sortie (sous la neige?)

PONT-HEBERT

Mercredi 4 février 2026

Oiseaux des bords de Vire 

Rendez-vous : parking de la rue des Juifs 50880-Pont-Hébert 

Contacts abrodin@wanadoo.fr et ph.gachet50@orange.fr 

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jeudi 11 décembre 2025

Rendez-vous avec les oiseaux du 10 décembre 2025 au Bois Jugan à Saint-Lô

 





Une belle matinée attend les 12 participants à l'animation du jour. Il fait très doux (beaucoup trop), le temps est calme et souvent  lumineux.

La douceur ambiante a réveillé les oiseaux qui se sont montrés en nombre. Il y en avait tant à observer qu'après une demi-heure, le groupe n'avait progressé que de 200 mètres.

Déjà, du parking, nous pouvons observer un bon nombre d'espèces qui circulent dans les haies. Les oiseaux sont très présents dans les lierres qui sont abondants le long des troncs des vieux arbres. Beaucoup s'y nourrissent des baies de lierre qui sont très tardives et fournissent de l'énergie aux oiseaux qui les consomment. Les turdidés (famille des merles et rougegorge) en sont des gros consommateurs  :  les merles sont nombreux dans le secteur. Scène rare ; l'un d'eux se chicane avec un pigeon ramier certainement à cause d'un fruit. Les grives musiciennes sont aussi assez présentes pour les mêmes raisons. 

Rougegorge familier et pinson des arbres picorent au sol, le rougegorge peut-être des petits invertébrés alors que le pinson se gave de graines tombées au sol. 

Nous empruntons la petite allée qui mène au musée. De là, assez loin, dans un arbre qui a perdu ses feuilles, deux grosbecs casse-noyaux s'affairent auprès des touffes de gui dont ils mangent les baies pour leur graine. Le grosbec a comme son nom l'indique un gros bec puissant qui lui permet de s'attaquer à toutes sortes de graines : il casse les noyaux de cerise. En vol, on peut voir ses larges bandes alaires blanches. La queue est courte  et donne au vol un côté un peu lourd. C'est un visiteur d'hiver mais, ici, au Bois Jugan,  on le voit régulièrement et il pourrait nicher.


Quelques pipits farlouses assez farouches et  que nous avons dû déranger au sol vont se poser dans un jeune arbre plus loin :  cette espèce n'est présente qu'en hiver ici. Nous faisons une petite incursion dans le verger conservatoire. Là aussi, à côté d'un groupe de corneilles très énervées ou inquiètes,  nous pouvons observer quelques espèces très intéressées par les pommes, au sol ou encore dans les arbres :  ce sont quelques grives mauvis et aussi des fauvettes à tête noire qui se nourrissent de fruits  à l'automne. Un ou deux chardonnerets s'agrippent à quelques plantes desséchées dont ils collectent la graine. Une photo révèlera par la suite la présence dans le secteur de la quatrième espèce de grive : la grive litorne plus grosse que la mauvis.

L'espace est bien occupé par les pies qui, le soir venu, constituent un dortoir dans la chandelle de tilleul au milieu de la grande pelouse centrale du parc (voir photo de gauche)

Dans une haie voisine, deux écureuils font le show. 

A proximité de la cour du musée qui est une ancienne ferme, circulent quelques roitelets huppés avec des mésanges bleues. Le roitelet huppé  est vif et bouge sans cesse et il faut avoir le coup d'œil pour observer les détails qui permettent de l'identifier,  chevron blanc sur l'aile et une zone claire circulaire autour de l'œil, pas de sourcil blanc comme le trople-bandeau. Les moineaux domestiques sont fidèles à l'ancienne maison d'habitation de la ferme : ils sont déjà un peu excités et légèrement bruyants.  

Nous observons ensuite les pelouses du practice de golf,  certains d'y observer des bergeronnettes. Ce sont d'abord des pies que l'on voit mais, sur un bunker assez éloigné, deux bergeronnettes piétinent et se nourrissent, une grise et une Yarrell (hivernante britannique, plus sombre).

Notre petit groupe stationne assez longtemps pour guetter les nombreux mouvements d'oiseaux le long des haies sur talus, très  dégradées et affaissées et sur lesquelles tiennent encore debout quelques chênes : il y a beaucoup d'étourneaux, de mésanges, de pigeons  et de merles. Le long d'une petite haie, un geai est perché sur une souche, occupé à glaner quelque gland. Un peu plus en arrière, un pic épeiche au sol s'occupait peut-être aussi de glands. Il remonte rapidement le long d'un tronc. Le bouvreuil pivoine se fait vaguement entendre, invisible. Le pic vert est plus loin, il pousse son cri-rire caractéristique.

Nous descendons vers le grand bassin de recueil des eaux pluviales qui se situe dans le bas du parc. Une roselière l'entoure.  Deux   canards  colverts mâles s'agacent au milieu de la mare et quelques poules d'eau sortent de la roselière. L'attention est très vite attirée  par un martin-pêcheur très visuel qui se perche dans les roseaux puis pêche nonchalamment mais efficacement dans l'eau peu profonde de la mare.

Nous remontons ensuite vers la ferme du poirier du Haut. Certains d'entre nous pourront observer un ou deux pinsons du nord. Cet oiseau ressemble à un pinson mais avec une tonalité orange prononcée , des parties inférieures claires et un croupion blanc visible en vol. C'est un visiteur d'hiver, de moins en moins fréquent du fait de la douceur de cette saison, désormais. Un héron cendré passe au loin. Le petit bois avec ses vieux arbres ne révèlera pas grand chose : pas de sittelle, pas de mésange nonnette, pas de pics observés habituellement. Il est peut-être un peu tard déjà.

Le petit bassin de filtration proche de la piscine est peu fréquenté aujourd'hui. Le martin-pêcheur peut y passer, comme la bergeronnette des ruisseaux ou des petits limicoles en migration  (échassiers comme le chevalier guignette ou le chevalier culblanc).  

Le verdier est entendu pour finir et aussi un pouillot véloce.

Le calme commence à gagner et on sent que les oiseaux sont moins actifs. Nous avons cependant observé 39 espèces : beaucoup d'entre elles étaient occupées à se nourrir. Vu le nombre d'oiseaux observés, les site est très attractif avec ses végétaux à baie ( lierre, aubépine, viorne, fusain etc), ses chênes, érables et frênes, ses pelouses bien grasses et pas traitées et ses quelques petites zones humides.

Photos de Patrick (PPo) : pigeon ramier, pinson des arbres, grive musicienne?, martin-pêcheur d'Europe 

Liste des espèces (39)

Accenteur mouchet, bergeronnettes grise et de Yarrell, bouvreuil pivoine, buse variable, canard colvert, chardonneret élégant, choucas des tours, corneille noire, étourneau sansonnet, fauvette à tête noire, geai des chênes, grimpereau des jardins, grand cormoran, grive draine, grive musicienne, grive litorne, grive mauvis, grosbec casse-noyaux, héron cendré, martin-pêcheur d'Europe, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, mouette rieuse, pic épeiche, pic vert, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres, pinson du Nord, pipit farlouse, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet huppé, rougegorge familier, troglodyte mignon, verdier d'Europe

Bonnes fêtes de fin d'année !

Prochaine sortie : Geffosse-Fontenay "Les oiseaux hivernants de la baie des Veys ; bernaches, limicoles et hérons"

Rendez-vous : 9h30 Le Pont-Rieux 14230-Geffosse-Fontenay Grandcamp-Maisy

Covoiturage à 8h30 sur le parking du centre aquatique de Saint-Lô, rue Yvonne Godard 50000 Saint-Lô

Contact : abrodin@wanadoo.fr ou éventuellement Philippe 06 89 56 85 74 par SMS



D'autres images

Un chêne qui tient encore debout malgré l'érosion du talus.(PPo)

The bird team (PGa)

vendredi 14 novembre 2025

Rendez-vous avec les oiseaux du 12 novembre 2025 à Saint-Pierre-de-Semilly/50

 

Premier étang de Saint-Pierre-de-Semilly (PGa)

12 adhérents se sont retrouvés sur la place du petit village de Saint-Pierre, village d'autant plus calme actuellement qu'une route d'accès est coupée et limite la circulation.

Le temps est calme et remarquablement trop doux. Le soleil réhausse les couleurs automnales.

L'observation commence rapidement car des oiseaux sont actifs et vite visibles, soit sur les bâtiments à proximité soit survolant le village pour aller vers les zones plus boisées ou les étangs.

Bergeronnette grise bien foncé, Yarrell (Patrick)
Les moineaux domestiques perchés sur quelque toiture sont assez actifs : on distingue bien mâle et femelle. La femelle est brun-clair sans nuances et le mâle a une bavette noire  et la calotte grisâtre. Les périodes d'activité des moineaux sont très réduites en journée : ils sont souvent au repos à l'abri des regards. D'autres oiseaux fréquentent les toitures du village : les choucas des tours ce petit corvidé à la tête grise et à l'œil doré fréquentent déjà les cheminées où ils installeront leurs nids au printemps prochain.  Les places sont chères ! Son statut protégé est remis en question à cause de son impact supposé sur certaines cultures. Une autre espèce est vue sur une cheminée : c'est la bergeronnette grise reconnaissable à son plumage gris clair sur le dessus et blanc au dessous, à sa poitrine foncée et à sa longue queue grise et noire. C'est un oiseau qui vit volontiers près de l'homme mais pas seulement. Un verdier d'Europe s'envole pas loin : il aime les conifères de nos jardins. Le vert qui désigne l'oiseau est assez terne en hiver. Ce sont le bord  jaune des plumes (rémiges primaires, les plumes les plus à l'extrémité de l'aile)  qui permettent de l'identifier quand il est posé.

Un épervier d'Europe tournoie dans le ciel à la recherche d'oiseaux à capturer. 

Belle lumière 

Des grives mauvis dont nous ne verrons pas le sourcil clair et le dessous des ailes orangées survolent le village à contre-jour : c'est un migrateur qui arrive des contrées nordiques pour passer l'hiver ici. Ces oiseaux sont rarement isolés et souvent en bandes, contrairement à la grive musicienne souvent solitaire. C'est un critère minimal d'identification.

En descendant le chemin vers les étangs, quelques chardonnerets élégants sont discrètement perchés dans un arbre en feuille. On voit nettement leur face rouge. Eux aussi sont souvent en groupe lorsque l'hiver arrive. Il est probable que les oiseaux que nous avons sous les yeux viennent de régions plus nordiques.

D"autres espèces sont actives dans ce secteur : mésange bleue, troglodyte mignon dont le chant puissant retentit, mésange charbonnière, merle et aussi pic épeiche. Des pinsons des arbres  vont se percher haut dans un arbre : il y  a un pinson du Nord dans le groupe. Plus coloré que le pinson habituel, il descend de moins en moins au sud et sa présence peut être lié à l'abondance des faînes de hêtre.

Dans les hauts platanes historiques du site, circulent la sittelle torchepot et le grimpereau des jardins  qui ont chacun un mode de déplacement particulier dans les arbres : la sittelle tête en bas et le grimpereau grimpant à la verticale le long du tronc.

On entend le pic épeichette, le plus petit pic de la famille, pas plus gros qu'un moineau domestique. 

Aigrette garzette et foulque macroule (RM)

Après cette pléthore de passereaux, nous pouvons nous tourner tranquillement vers l'étang et observer tous les oiseaux d'eau posés là, assez peu farouches tout de même : les poules d'eau sombres avec un bec rouge et jaune, la foulque macroule noire avec le bec et la caroncule blancs qui peut être abondante sur certains plans d'eau en hiver. Ce sont toutes les deux des amateurs d'eau calme et peu profondes. Un groupe d'aigrette garzette est au repos dans les arbres. On peut supposer que ces oiseaux dorment ici. Une grande aigrette viendra se percher : elle est facile à distinguer de la garzette car elle est aussi grande qu'un héron cendré. Il y a un bon nombre de grands cormorans qui utilisent les arbres des rives du plan d'eau comme reposoir ou dortoir. Pas certain qu'ils trouvent de quoi manger dans l' étang peu profond et envasé. Les canards colverts assez nombreux sont ancrés sur le site mais ils sont beaucoup moins nombreux au printemps.

Grand cormoran en ombre chinoise (RM)

La vedette du moment est ensuite le martin-pêcheur qui circule à basse hauteur le long de la rive. A un moment, c'est son reflet dans l'eau qui permet de découvrir son perchoir. Sa présence éclipse la bergeronnette des ruisseaux, habituée des lieux, le bouvreuil pivoine et le pouillot véloce entendus.

Trois buses variables ( le chevron clair de la poitrine est visible) évoluent dans le ciel, pas trop tranquilles cependant. Les grands cormorans sont perturbés par la présence de ces rapaces.

Nous passons sur le deuxième étang. On entend encore les sittelles et le grimpereau des jardins. Un héron cendré est posé en queue d'étang. Une mésange à longue queue, petite boule à très longue queue se fait entendre tout comme en toute fin de sortie le pic mar qui a un cri d'inquiétude nerveux et répété.

Un faucon crécerelle plus lié aux zones ouvertes est bien visible dans le soleil qui écrase même les nuances de son plumage. Il a longtemps été dit que cet oiseau suivait le remembrement.  

C'est toujours dans la douceur que nous terminons la sortie. Nous savons que nous avons observé un nombre important d'oiseaux. C'est donc le moment  de l'inventaire qui donne un total de 43 espèces d' oiseaux. Pas mal! C'est certainement un record pour nos sorties saint-loises.

Un grand merci à tous les participants et participantes pour leur curiosité et leur bonne humeur.

Martin-pêcheur d'Europe joueur (PPo)

Liste des espèces : accenteur mouchet, aigrette garzette, bergeronnette de Yarrell, bergeronnette des ruisseaux, bergeronnette grise, bouvreuil pivoine, buse variable, chardonneret élégant, choucas des tours, corbeau freux, corneille noire, épervier d'Europe, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, foulque macroule, goéland argenté, grand cormoran, grande aigrette, grimpereau des jardins, grive mauvis, héron cendré, martin-pêcheur, merle noir, mésange à longue queue (orite), mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, mouette rieuse, pic épeiche, pic épeichette, pic mar, pic vert, pigeon ramier, pinson des arbres, pinson du Nord, poule d'eau,  roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, sittelle torchepot, troglodyte mignon,  verdier d'Europe.

Prochaine sortie

Mercredi 10 décembre 2025 

"Les oiseaux du Bois-Jugan"

Rendez-vous :  9h30 sur le parking du centre aquatique de Saint-Lô, 85 rue Yvonne Godard  (au fond du parking, à l'entrée du parc du Bois Jugan)) 

Contacts : abrodin@wanadoo.fr ph.gachet50@gmail.com 06 89 56 85 74 (par SMS uniquement)

 

D'autres images de Saint-Pierre par  Philippe (PGa) - Jean-Marc (JMJa) -  Patrick (PPo) - Rémi (RM)

Aux aguets et aux taquets (PPo)

Ceci est un grand cormoran en vol (PPo)

Aigrette garzette au repos
(PPo)
Chardonneret élégant (RM)
Dans les feuilles (PGa)



 

Digestion de Grand cormoran (PPo)
 
  
 

Grande aigrette ( PGa)

 

Envols (RM)

Adulte de poule d'eau et 1 jeune de l'année (PGa)

Mes cervicales! (JMJa)

dimanche 5 octobre 2025

Rendez-vous avec les oiseaux du 1er octobre 2025 à Saint-Lô

 


Les adhérents et adhérentes de la région de Saint-Lô reprennent  leurs sorties mensuelles. Pour commencer, le rendez-vous avait été donné à Candol, lieu-dit assez connu des habitants du secteur. C'est à cet endroit que la route se dirigeant vers Villedieu-les-Poêles franchit la Vire et c'est de là que l'on peut suivre le chemin de halage, lieu de promenade assez fréquenté.

Le temps frais au lever du soleil se radoucit peu à peu et les conditions d'observation sont plutôt bonnes.

Buse variable 
Le premier oiseau à vraiment se manifester est le pic  épeiche qui nous survole en poussant son cri sec "psic!". Une buse variable est perchée  dans un résineux, vue de dos: une autre est posée dans un pré fraîchement coupé pour un ensilage d'herbe et capture un petit rongeur qu'elle emporte un peu plus loin. Elle est particulièrement claire et mérite son qualificatif de variable. Le héron cendré derrière la haie se livre à la même activité : il mulote. Les rougegorges familiers se font bien entendre par leur chant. Territorial, toujours, il manifeste sa présence à ses congénères qui arrivent du nord.

Les oiseaux communs se manifestent plus ou moins discrètement : mésange bleue, mésange charbonnière, troglodyte mignon et merle noir. Deux hirondelles rustiques filent vers le sud sans oublier de prendre des forces en capturant quelques insectes volants au passage. Le pouillot véloce circule dans les haies denses du bord de chemin.

Nous nous approchons du bras mort qui était il y a très longtemps le cours originel de la Vire avant qu'elle ne soit canalisé pour être navigable. La période relativement sèche des semaines précédentes fait qu'il y a peu d'eau et que la végétation prend le dessus sur ce secteur qui s'envase de plus en plus. Difficile de voir un limicole en migration dans ses conditions. Sur la rive, la mésange nonnette familière des ripisylves à saules et aulnes est présente. Un chardonneret élégant se fait aussi entendre.  

Une grive draine passe en volant de son vol assez onduleux proche de celui du pic mais plus ample. Discrète pendant la fin de l'été elle est à nouveau visible surtout à proximité des peupliers couverts du gui qu'elle consomme abondamment. Comme d'autres turdidés (merles et grives), elle se nourrit volontiers de baies automnales.


Sur le peuplier mort, un étourneau sansonnet est perché. Il affectionne les branches mortes qui lui procurent un poste de guet dégagé sur les environs. Les étourneaux sansonnets se regroupent en ce moment pour migrer et les populations nordiques vont arriver.

Un cri particulier se fait entendre : c'est le pic épeichette qui émet ce cri ressemblant un peu à celui du faucon crécerelle. Ce pourrait être l'étourneau qui l'imite mais heureusement, nous apercevons brièvement l'oiseau dans l'enfourchure du peuplier mort. 

Le faucon crécerelle familier des lieux est perché au loin. Des geais un peu énervés passent à trois ou quatre. Le geai des chênes peut migrer comme d'autres oiseaux. Des mouvements de groupe à faible hauteur vers le sud peuvent indiquer cette migration.

Nous rejoignons le chemin de halage. Sur la rive, deux poules d'eau se nourrissent des plantes qu'elles trouvent là.  Sur un secteur très favorable de la rivière avec un niveau d'eau assez faible, une eau assez courante, des lits de gravier et des grosses pierres qui affleurent, nous pourrions voir la bergeronnette des ruisseaux mais ce n'est pas le cas.  Ce sera pour plus tard!

Au retour vers le parking, nous entendons le bruant zizi qui chante et apercevrons quelques mésanges à longue queue.

Ce n'est qu'à proximité du pont que sera revu le martin-pêcheur et vues deux bergeronnettes des ruisseaux. 

Nous n'oublions pas avant  de rejoindre le parking de ramasser quelques bonnes pommes  du jeune pommier opportunément planté là après les travaux de rétablissement du cours naturel de la Vire. Elles sont délicieuses!

 Les travaux   ont arasé un îlot qui se trouvait là et accueillait un magnifique pommier de Calville. La présence de ce jeune pommier doit correspondre à une mesure compensatoire!

34 espèces ont été observées, 36 si on tient compte du gobemouche gris entendu et pas vu et du roitelet à triple-bandeau pas entendu mais repéré grâce à Merlin, l'application d'identification des cris et chants assez fiable pour cette espèce. C'est un joli score!

Liste des espèces par ordre alphabétique :

Accenteur mouchet, bergeronnette des ruisseaux, bruant zizi, buse variable, chardonneret élégant, choucas des tours,  corneille noire, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, gallinule poule d'eau, geai des chênes, gobemouche gris, grand cormoran, grimpereau des jardins, grive draine, héron cendré, hirondelle rustique, martin-pêcheur d'Europe, mésange à longue queue, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, pic épeiche, pic épeichette, pic vert, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres, pouillot véloce, roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, troglodyte mignon, verdier d'Europe.

Photographies : Rémi Magloire (buse et corneille) Philippe Gachet (poule d'eau-étourneau-groupe jumelles)- Patrick Potevin. 

Etourneau et trou de pic (PP)   

 

 

 

 

 

 

Corneille noire (RM)

 

 

 

 


Laurier de Saint-Antoine (RM)  

 

 

 

 

 

Chêne tordu (RM)

 

 

 

 

 

Prochaine animation

Saint-Pierre de Sémilly/50 

Oiseaux des étangs de Saint-Pierre 

Mercredi 12 novembre 2025 9h30

Rendez-vous 9h30 sur le parking de la mairie de Saint-Pierre-de-Semilly.

Accès par la route D 972 Saint-Lô-Bayeux puis par la D 90 en direction de Saint-Pierre de Sémilly.

Kilométrages :  Saint-Lô : 5,9 km-Bayeux : 30 km-Caen : 55 km