jeudi 22 février 2024

Rendez-vous avec les oiseaux du 21 février 2024 à Saint-Lô

 Cette animation se déroulait sur une site peu pratiqué depuis que des sorties sont organisées dans le Saint-Lois (2011) : une seule avait eu lieu le 25 février 2018 par un temps glacial, c'était l'hiver où on rencontrait des grosbecs casse-noyaux à tous les coins de champ ou de rues, ça dépendait.

Le circuit traverse des milieux différents, verger, parc, chemin bocager, zone pavillonnaire,  zones ouvertes des installations hippiques, bassin de recueil des eaux pluviales, etc. Saint-Lô présente encore l'avantage de présenter, en sortie de ville, des zones de bocage bien caractéristiques avec prairie, chemin creux, haies sur talus, mares et vergers.

La météo n'est pas de la partie. Le tout début de matinée est calme et sans pluie mais par la suite la pluie arrive, pas très forte mais très fraîche quand le vent s'en mêle.  

14 personnes sont présentes !

Dans le chemin creux, pic épeiche?
Dès le départ, dans une haie avec ronces derrière le magasin Aldi le long  du square, nous apercevons quelques moineaux domestiques : des mâles se manifestent déjà bruyamment, les comportements de reproduction commencent. Un poulailler proche pourrait expliquer leur présence ici. Avec les moineaux, sont observés quelques pinsons des arbres plus discrets et quelques mésanges bleues. Un accenteur mouchet qui chantait peu de temps avant, passe furtivement de la haie au muret puis au sol. Dans le ciel, passent régulièrement des pigeons ramiers reconnaissables à leur grande plage blanche sur les ailes.

Plus loin sur le chemin de la Madeleine, à proximité d'un paddock très boueux qui accueille les chevaux du centre équestre voisin, quelques merles cherchent des vers. Perchée au-dessus du groupe, une grive musicienne montre ses tâches en forme de flèche, brunes bien visibles sur le fond crème de la poitrine et du ventre. Une autre chante au loin, sa mélodie rythmée et riche d'inventions. Une grive draine se montre en vol  :  plus grosse elle a un vol très onduleux qui pourrait faire penser à celui d'un pic mais en plus puissant et rectiligne.


Pipit farlouse et étourneau sansonnet au loin

Plus bas, nous empruntons le  chemin creux de la Raoulerie. Nous distinguons malgré le contre-jour, 2 chardonnerets élégants, très colorés, rouge blanc noir sur la tête et jaune sur les ailes (mâle et femelle sont identiques). Un grimpereau des jardins les rejoint et se laisse voir, grimpant tranquillement le long du tronc en s'appuyant sur sa queue.

A un croisement de chemins entre les talus hauts, une petite pause permet d'apercevoir très brièvement un pic épeiche qui part puis revient vers nous. C'est son cri sec qui permet de l'identifier rapidement. Le rougegorge familier chante à faible hauteur et sort rapidement du talus : il reste cependant à l'abri du vent.

Le troglodyte mignon et le pouillot véloce se font entendre, près pour le premier, plus loin pour le second. Le geai des chênes est aussi entendu. Une tourterelle turque est perchée discrètement dans un petit arbre proche des bâtiments du centre équestre. C'est ici qu'elle installera son nid à l'extérieur sur une poutre située sous un toit ou une avancée de toit.

Dans le vent et la pluie (JMJ)
Nous traversons les installations hippiques. Le vent n'y est pas agréable. Sur une zone herbeuse, une bonne dizaine de pipits farlouses décollent puis replongent dans l'herbe qui empêche de les voir entièrement. Ils rejoignent 4 étourneaux au sol. Ensuite sur cette zone ventée, nous verrons peu d'oiseaux si ce n'est un pigeon domestique qui se nourrit sur des restes de paille et quelques pigeons ramiers et une corneille noire.

Le détour par le haras sera peu fructueux à part 1 quinzaine de  bisets à l'abri  des bâtiments et un pic vert qui traverse les prés voisins du parc.

Nous reprenons le chemin de la Madeleine. Surprise! Un pinson du Nord posé décolle : tout juste le temps de l'identifier, avec ses parties orangées sur la poitrine et le croupion blanc. C'est un migrateur qui remonte car  cette espèce n'a pas été vue de l'hiver, pratiquement. Dans le même secteur, deux oiseaux sont perchés dans un jeune arbre près d'une tourterelle : on distingue la  raie noire sur l'œil et la gorge noire pour le mâle. En vol, le croupion est vert. C'est le bruant zizi.

Bruant zizi? Oui! (JMJ)

Nous  écoutons attentivement le chant du verdier et ses cris. Il y a aussi une petite bande de ces oiseaux qui émet quelques trilles discrètes et rapides. Une mouette rieuse passe au-dessus du groupe qui rejoint le point de départ. 

27 espèces ont été observées : score non négligeable pour une météo médiocre. Désolé pour les bergeronnettes : elles étaient dans le secteur mais nous ne les vîmes point.

Merci aux participants et participantes qui ont affronté des conditions peu agréables pour observer.

Ci-dessous la liste des espèces observées en 2024 puis la comparaison avec 2018 '(espèces différentes en rouge)

Photographies : Jean-Marc Jansen (JMJ). Toutes les photos de Jean-Marc sont présentées parce qu'elles  sont bien représentatives de l'ambiance météorologique de la sortie.

La photo de pinson du Nord de Jean-Pierre Moulin ci-dessous a été prise le 19 février 2024, 2 jours auparavant. Nous avons observé cet oiseau en forêt d'Ifs/14, à peu près dans les mêmes conditions de lumière que pendant notre sortie du 21.02.

Bruant zizi (Pascal Bernardin)  
 

Liste des espèces du 21.12.2024 : accenteur mouchet, bruant zizi, chardonneret élégant,  corneille noire, étourneau sansonnet, geai des chênes, grimpereau des jardins, grive draine,  grive musicienne, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, mouette rieuse, pic épeiche, pic vert, pie bavarde, pigeon biset domestique, pigeon ramier, pinson des arbres, pinson du Nord,  pipit farlouse, pouillot véloce, rougegorge familier, tourterelle turque, troglodyte mignon, verdier d'Europe.

Liste des espèces observées le 25.02.2018 (26 espèces) : accenteur mouchet, bergeronnette de Yarrell, bergeronnette des ruisseaux, buse variable, chardonneret élégant, choucas des tours, corneille noire, étourneau sansonnet, goéland brun, grive musicienne,  grosbec casse-noyaux, mésange à longue queue, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, mouette rieuse, pic épeiche, pic vert, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres, rougegorge familier, tourterelle turque, troglodyte mignon, vanneau huppé, verdier d'Europe.

Prochaine sortie

Pinson du Nord (Jean-Pierre Moulin)

AGNEAUX /50

Mercredi 20 mars 2024 

Le retour des premiers migrateurs

9h00 devant la mairie d'Agneaux, impasse de la  Palière Agneaux.

Contact : Alain Brodin Philippe Gachet

jeudi 25 janvier 2024

Rendez-vous avec les oiseaux du 24 janvier 2024 à Pont-Hébert/50

 

Le groupe de participants côté prairie humide

Nous sommes 13 au départ de cette balade le long de la Vire : 3 nouveaux adhérents sont présents. Qu'ils soient les bienvenus dans nos animations.

Pont-Hébert est le premier gros bourg en aval de Saint-Lô. Comme le  nom de la commune l'indique, un pont  traverse un méandre de la  Vire qui se dirige vers le nord. Tout l'habitat de Pont-Hébert,  sévérement touché lors des bombardements de 1944,  est un habitat de reconstruction.

Après l'observation de quelques oiseaux communs dans le bourg, nous emprunterons le chemin de halage vers l'amont. Cela permettra de traverser ou cotoyer des milieux différents, la rivière et ses rives, les prairies humides et les zones boisées des versants.

Dès les premiers pas, nous entendons un certain nombre de chants qui montrent bien que les oiseaux retrouvent la vitalité, grâce au redoux actuel.

Sur le chemin de halage, côté Vire et aulnes
L'accenteur mouchet chante mais où? Familier des jardins, dès janvier,  il émet son chant plutôt fluide mais sans variation et on commence à voir ce petit oiseau à la tête grise et au bec pointu d'insectivore effectuer des poursuites au-dessus des haies.

La grive musicienne chante, perchée dans un peuplier, elle est visible mais lointaine. Le chant est sonore et rythmé avec de nombreuses fantaisies : la grive musicienne peut imiter d'autres oiseaux. La "musicienne"comme l'appellent les ornithologues est de tonalité brune, les dessins de la face sont nets et les tâches sur poitrine et ventre sont en forme de flèche (sagittales). Sa physionomie est proche de celle du merle.

Qu'est-ce que c'est? Un goéland cendré?
Autre chanteur, plus habituel, le rougegorge familier . Le rougegorge familier chante pratiquement toute l'année parce qu'il défend toujours un territoire, même en hiver. Les chants vont devenir de plus en plus nombreux dans les semaines qui viennent.

Le choucas des tours ne chante pas mais fait entendre son cri nasillard. L'un d'entre eux se positionne déjà sur une cheminée. Il faut dire que les places sont chères et il vaut mieux réserver à l'avance le site où on installera son nid. C'est souvent la même cheminée qui sera utilisée chaque année. En soirée, les choucas vont tous regagner leur dortoir nocturne.

Un grand cormoran survole la vallée. Le grand cormoran est un oiseau marin mais beaucoup de ces oiseaux fréquentent rivières et plans d'eau. Comme les choucas, ils se regroupent le soir en dortoir souvent situé le long de la rivière.

La tourterelle turque chante elle aussi. Elle est assez abondante ici.

D"autres oiseaux marins circulent ; goélands argentés et mouettes rieuses.

Notre groupe s'engage sur le chemin de halage où nous allons pouvoir observer de nombreuses espèces de passereaux. 

Dans les branches basses et sur les aulnes qui bordent la Vire,  quelques bandes de tarins des aulnes se nourrissent des graines de l'aulne (strobyle). Ils sont très actifs, se balançant souvent la tête en bas pour capter leur nourriture. Nous aurons tout les temps d'observer la différence entre mâle et femelle. Le mâle est plus jaune-vert et a une tâche frontale noire et une bavette noire. Le tarin est un migrateur : il va remonter rapidement vers le nord.

Tarins et chardonnerets au sol glanant les graines
Les chardonnerets élégants se font entendre par leur cri de vol. Ils sont souvent en compagnie des tarins. Nous les observerons un peu plus tard au sol sur le chemin de halage avec ces  mêmes tarins. Le chardonneret élégant apprécie comme le tarin,  les strobyles de l'aulne. Nous verrons que les oiseaux au sol peuvent attaquer les fruits du gui.

Une autre espèce est rapidement visible, c'est la mésange à longue queue facile à reconnaître avec sa très longue queue et sa tête noir et blanc. Les oiseaux circulent en ronde à la recherche de nourriture. Elles sont particulièrement actives ce matin. Les couples vont bientôt se former et elles ne seront plus vues que par 2.

Mis à part les classiques mésanges charbonnières et mésanges bleues, une autre mésange semble suivre le même chemin que les mésanges à longue queue (orites) et explorer les mêmes arbres, c'est la mésange nonnette qui a une calotte et une bavette noires bien visibles. Cette espèce est assez forestière et bocagère mais en hiver, elle fréquente volontiers les rives de la rivière et les zones boisées humides.

Le troglodyte mignon fait entendre son chant puissant et disproportionné. Il serait presque possible de l'appeler "troglodyte des rives", car il est observé souvent dans la végétation discontinue et broussailleuse de la rive.

Une petite bande d'oiseaux décolle de la prairie située à droite du chemin. Une fois qu'il est posé, il est difficile de voir cet oiseau, caché par l'herbe. C'est le pipit farlouse, appelé pipit des prés autrefois, passereau hivernant des milieux ouverts et humides. Bec pointu, pattes rosâtres, rayures sur les flancs et la poitrine, l'oiseau n'est pas toujours facile à identifier. Heureusement, il pousse un cri aigu aisé à identifier quand il décolle.

Mésange nonnette (photo d'archive)
Un laridé (famille des mouettes et goélands) est posé dans la prairie. De petite taille, son manteau est gris, la tête est striée brun-clair, les pattes quand on les voit sont jaune-verdâtre et le bec est légèrement cerclé de noir. C'est le goéland cendré, hivernant souvent observé isolé ou à quelques individus sur des prairies en vallée de la Vire.

Quelques oiseaux caractéristiques  de la rivière sont vus ou entendus : le canard colvert, la poule d'eau et la bergeronnette des ruisseaux qui ne sera pas vue au bord de l'eau mais un peu plus haut vers la ferme située sur la hauteur. Une flaque ou une petite mare temporaire suffit à attirer l'espèce. Longue queue et bande alaire blanche, cet oiseau qui se nourrit souvent au bord de l'eau peut être affecté par les longues périodes de gel. 

Pendant que les merles se nourrissent dans le lierre, 3 grimpereaux des jardins circulent assez bas dans la végétation, ils explorent minutieusement par petits bonds chaque branche. Un roitelet à triple-bandeau est aussi dans le secteur mais il est seulement entendu.

Grive mauvis bien lointaine

Le pic vert se pose  brièvement sur un tronc puis repart vite de son vol très onduleux, typique des pics. Quelques grives mauvis sont dans le coin :  de la taille de la grive musicienne, elles ont un sourcil clair qui permet de les identifier rapidement. C'est un oiseau hivernant qui est, cette année, assez peu présent à l'ouest de la Normandie. Nous verrons aussi quelques grives draines qui poussent leur cri roulé habituel. Elles sont souvent observées sur les peupliers remplis de gui.

Nous revenons tranquillement sur nos pas et nous avons l'occasion d'observer deux pigeons ramiers, deux accenteurs qui se poursuivent,  des moineaux domestiques déjà un peu bruyants, quelques étourneaux sansonnets.

36 espèces ont été observées : quelques espèces ont manqué à l'appel, dont les 2 rapaces habituels des lieux, faucon crécerelle et buse variable. Nous avons pu voir cependant une belle quantité d'oiseaux avec une proximité presque inhabituelle pour certaines espèces comme si après la dure épreuve du froid, l'important était de se requinquer. Peu importe les bipèdes qui passent à côté.

Comme d'habitude, merci à toutes et tous pour votre participation et votre curiosité.

Photographies : Philippe Gachet, Jean-Marc Jansen et Patrick Potevin.

Liste des espèces observées (certaines ne sont pas citées dans le compte-rendu)

Accenteur mouchet, bergeronnette des ruisseaux, canard colvert, chardonneret élégant, corbeau freux, choucas des tours, corneille noire, étourneau sansonnet, geai des chênes, goéland argenté, goéland cendré, grand cormoran,  grimpereau des jardins,  grive draine, grive mauvis, grive musicienne, merle noir, mésange à longue queue, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, moineau domestique, mouette rieuse, pic vert, pie bavarde,, pigeon biset domestique, pigeon ramier, pinson des arbres, pipit farlouse, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, tarin des aulnes, tourterelle turque, troglodyte mignon

Chardonnerets et tarin des aulnes mâle

Prochaine sortie 

Saint-Lô

parking de l'arrêt de bus derrière le magasin Aldi

Rue de la planche du bois

Mercredi 21 février 2024 à 9h30

Contacts ; Alain Brodin ou Philippe Gachet 
 
N'hésitez pas à faire des propositions de sortie : cela permettra de découvrir de nouveaux lieux et peut-être de nouvelles espèces . Nous rappelons qu'une sortie  est  en principe organisée un mercredi matin par mois pendant la période scolaire.




jeudi 14 décembre 2023

Rendez-vous avec les oiseaux à Troisgots/50 le 13 décembre 2023

Nous nous sommes donné rendez-vous à La-Chapelle-sur-Vire. Ce village se reconnaît aisément à sa grande église, située tout au bord de la rivière. Depuis la disparition d'un établissement qui accueillait des jeunes handicapés, le village est bien calme. Heureusement, il est traversé par le chemin de halage qui amène, surtout le week-end, de l'animation avec promeneurs, randonneurs et cyclistes. Cela étant, c'est un site très agréable et plaisant.

La météo est assez clémente et douce mais la lumière plutôt éteinte. Les participants n'échapperont pas  à quelques gouttes bénignes. Le groupe se dirige vers l'aval en direction de la carrière de la Roque en suivant le chemin qui longe la Vire en rive gauche.

Sur cette portion où les oiseaux se révèlent  très discrets, nous voyons un héron cendré qui traverse la vallée de son vol lent et direct. On peut apercevoir son cou réplié en vol qui le distingue en cela de la cigogne blanche.

Un troglodyte  mignon pousse son chant puissant, à l'approche d'un chien : il est peu visible caché dans la végétation basse de la rive. C'est un des rares chants entendus ce matin. Un grimpereau des jardins émet ses petits cris aigus en arpentant un aulne. Deux pinsons des arbres circulent parmi les branches d'un arbre tombé pendant la dernière tempête. Des mouvements d'oiseaux sont perceptibles dans les peupliers ; c'est une sittelle torchepot qui passe d'un tronc à l'autre sans daigner les descendre la tête en bas, comme à son habitude. Des mésanges bleues isolées sont vues également.

Dans la peupleraie, le pigeon ramier chante ses 5 notes distinctes : c'est rare en ce moment mais les chants de pigeon vont reprendre peu à peu. Un pic épeiche se fait remarquer par son cri "psic". 


Nous arrivons devant  la haute falaise de la carrière. Aucune difficulté pour trouver un faucon pèlerin perché tranquillement et observant les alentours : ce poste de guet élevé est pratique parce qu'il permet à l'oiseau d'avoir un œil sur le passage des oiseaux au-dessus de la vallée. Il se perchera bientôt très bien en vue sur un piton rocheux au-dessus. Un deuxième individu sera vu en vol. Le mâle et la femelle, assez distants encore, vont se rapprocher peu à peu et commencer leur cycle de reproduction. Le premier couple nicheur a été observé en 2014 : l'espèce se reproduit presque tous les ans avec plus ou moins de succès (œufs et oisillons prédatés notamment ou disparition d'un des adultes). 

Nous continuons notre cheminement entre d'anciens fronts de taille et la Vire. Les oiseaux s'agitent un peu plus, profitant d'une lumière plus chaude. Le roitelet à triple-bandeau se déplace vivement de branche en branche, tapant notamment dans les lichens. On distingue bien sa crête orangé : c'est un mâle, la crête de la femelle étant jaune. C'est un détail difficile à percevoir.


Des tarins des aulnes se nourrissent discrètement dans les aulnes. Habituellement le cri disyllabique permet de les identifier mais là, ils sont muets. Nous voyons bien la petite tête, la petite queue fourchue, les flancs striés, les parties supérieures en partie  jaune verdâtre.. Le mâle a une calotte noire et une bavette noire.

De retour au niveau de la grande carrière, 2 grands corbeaux s'envolent de la falaise. L'un d'eux poussera même son "korp" bien grave et  bien connu. Ils vont se percher dans un arbre pas loin. La reproduction avec nid visible, puis œufs puis jeunes est irrégulière ici. 2 reproductions ont été menées avec succès depuis 5 ans. Toutes les espèces de corvidé présents en Normandie seront observées ce matin, choucas des tours,  corneille noire, corbeau freux (entendu), grand corbeau, geai des chênes, sauf la pie bavarde qui n'est pas partout comme on peut le penser.


Nous apercevons aussi dans les aulnes proches de la Vire, mésange à longue queue et mésange nonnette : cette dernière est repérée par son cri particulier. Ensuite, l'observateur.rice peut voir sa petite silhouette rondelette, sa calotte et sa bavette noires et ses parties supérieures brun clair. Cet oiseau forestier fréquente la végétation des rives en hiver. Son nom latin "Parus palustris" illustre sa prédilection pour les zones humides. Le pouillot véloce se manifeste avec son petit sifflement doux.

Nous retournons vers notre point de départ. La grive draine est posée discrètement dans un peuplier près d'une boule de gui. Le geai graille deux trois fois en alerte. 

De retour à notre point de départ, nous observons une bergeronnette des ruisseaux familière des lieux : elle semble déjà bien colorée (le jaune éclate dans le soleil). Deux buses variables font de timides figures au-dessus du bois, menacée par corneilles et choucas des tours.


Deux espèces se sont montrées très discrètes : le rougegorge (4 contacts en 1h30) et le merle noir (2 contacts).

Deux autres espèces seront vues en amont après la sortie : le grand cormoran au repos sur un grand arbre mort et la grive mauvis (2 en vol). 

A noter que nous ne vîmes pas des espèces liées au milieu bâti comme le moineau, la tourterelle et l'étourneau.

27 espèces ont été observées au total sur le temps de l'animation et 29, en tout sur le site.

Merci à tou.te.s les participant.e.s.

Liste des espèces : bergeronnette des ruisseaux, buse variable, canard colvert, choucas des tours, choucas des tours, corbeau freux, corneille noire,  faucon crécerelle, faucon pèlerin, grand corbeau, grand cormoran, geai des chênes, grimpereau des jardins, grive draine, grive mauvis, merle noir, mésange à longue queue, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange nonnette, pic épeiche, pigeon ramier,  pinson des arbres, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, sittelle torchepot, tarin des aulnes, troglodyte mignon.

Photographies : Rémy Gautier (faucon pèlerin sur le piton rocheux et faucon crécerelle) Patrick Potevin (photos de groupe et grive draine sur peuplier)

Grand cormoran immature (P. Gachet)

 

Bonnes fêtes de fin d'année!

Une sortie aura lieu en janvier 2024. Le site est encore à définir.

Pensez au grand comptage des oiseaux de jardin, les 27 et 28 janvier 2024



jeudi 16 novembre 2023

Rendez-vous avec les oiseaux du 15 novembre 2023 à Saint-Lô/50

 9 adhérents du GONm se sont retrouvés le mercredi 15 novembre 2023, après une  pause de plusieurs mois, devant le pôle Agglo de Saint-Lô.

Cette zone en voie d'aménagement est située au sud-est de la ville. Les parcelles y sont longtemps restées inoccupées mais depuis 3 ans, quelques entreprises se sont installées, réduisant ainsi les espaces ouverts en friche qui peuvent être accueillants pour les oiseaux. L'environnement bocager du site a cependant été maintenu avec de belles haies sur talus avec de vénérables chênes et frênes notamment.

Nous traversons le secteur constitué de parkings, bien remplis ce matin. Bordés par des petites haies arbustives, ces parkings ne sont pas vides d'oiseaux. Le rougegorge familier chante, l'accenteur mouchet crie et se faufile dans les haies, les merles noirs discrètement posés au pied des haies s'enfuient à l'approche.

Quelques passereaux circulent dans les jeunes arbres, venant de secteurs plus boisés, mésange charbonnière, mésange bleue et pinson des arbres.

Le pic vert se manifeste par son cri, son rire plutôt.  Ce pic aime les espaces dégagés herbeux où il va pouvoir trouver son mets principal, les fourmis. Une bergeronnette de Yarrell émet sont cri de vol : ces oiseaux sont souvent en recherche de nourriture sur les parties goudronnées ou au repos sur les toitures des bâtiments voisins.  


A Saint-Lô, il est aisé de passer rapidement de secteurs urbanisés et des zones agricoles bocagères. La transition est donc rapide vers des buissons , une friche et un chemin creux. Une fauvette à tête noire adepte des ronciers est vue, il faut la capter quand elle sort vite  de la végétation pour y replonger. On a souvent le temps de distinguer sa calotte de couleur (noire pour le mâle, rousse pour la femelle).

L'approche du groupe fait décoller une dizaine de grives mauvis (reconnaissable à son sourcil blanc et ses flancs rouge-rouille). L'espèce est migratrice, elle arrive pour hiverner en octobre. C'est une des rares grives à être en bande. 


Levant les yeux, nous voyons passer un grand cormoran qui se dirige comme nous vers le plan d'eau des Ruinières au sud, un pigeon ramier et un étourneau sansonnet solitaire.

Le chemin creux que nous suivons est boisé. Les oiseaux forestiers sont présents avec le roitelet à triple-bandeau qui circule dans le lierre, le grimpereau des jardins qui explore les vieux arbres à écorce épaisse du coin et le pouillot véloce. Deux faucons crécerelles se chicornent avec une corneille et une grive musicienne part devant nous, dérangée.

Le chemin creux longe des parcelles dégagées : une bande de pipit farlouse s'envole. Le pipit farlouse, petit oiseau au bec fin, au plumage gris-brun et rayé sur le devant est un oiseau hivernant qui cherche sa nourriture au sol, sur des terrains légèrement humides et à végétation relativement basse.

Nous suivons la  route virageuse qui mène à Sainte-Suzanne sur-Vire : les couleurs d'automne sont bien vives sur les talus. Nous parvenons au plan d'eau des Ruinières, qui constitue une réserve d'eau pour l'agglomération saint-loise. Le niveau d'eau y est élevé après les abondantes pluies de cette première quinzaine de novembre. Il n'y  a donc pas de plages vaseuses. Rappelons que ce site apparemment banal a déjà accueilli plus ou moins brièvement  des oiseaux patrimoniaux remarquables comme  le balbuzard pêcheur, le butor étoilé et  la cigogne noire,
entre autres.

Quelques oiseaux d'eau caractéristiques et courants sont observés : une bande de canard colvert, un groupe de grand cormoran au dortoir dans un chêne qui surplombe l'eau, quelques poules d'eau, un héron cendré bien caché dans la végétation et une foulque macroule (sorte de poule d'eau à bec blanc) qui se manifeste par son cri.


La queue du plan d'eau est constituée d'une saulaie puis d'une aulnaie qui donne à ce secteur un air de bayou louisianais : il accueille des passereaux, tarin des aulnes (vus brièvement), verdier d'Europe et quelques mésanges et grimpereaux. Pie bavarde et geai traînent dans le coin, importunés par le faucon crécerelle du coin. Deux buses variables familières des lieux volent tranquillement en alarmant de temps en temps.


Un râle d'eau connu sur ce site est entendu une fois. Cet oiseau, typique des roselières et phragmitaies et des eaux très profondes se montre peu, toujours en limite de végétation. Par contre, ses cris qui sont particulièrement puissants et variés permettent de le repérer. C'est un oiseau migrateur au long bec rouge épais à la base et recourbé.

Le groupe remonte vers son point de départ. Un chardonneret élégant est entendu : le chénopode plante en graine des  friches attire à l'automne des bandes de cette espèce. Nous passons près du bassin de rétention des eaux pluviales de la zone, très rempli, ce qui n'est pas fréquent (cf photo plus haut)

Un couple de tarier pâtre est aussi vu : cela permet de distinguer le mâle de la femelle. Tête noire et semi-collier blanc du mâle. C'est un oiseau typique  des zones ouvertes délaissées avec une végétation dispersée et maigre (reliquat de haie par exemple). On l'entendra émettre plusieurs fois son discret " trak trak" qui lui a donné son nom.


Deux goélands argentés perchés sur un pylone d'éclairage ponctuent cette sortie et y mettent le point final. Le goéland argenté est visible en hiver à Saint-Lô. Dans le secteur, il pourrait nicher sur les toits de l'usine Moulinex toute proche mais les observateurs n'y ont jamais décelé d'indices de nidification probants, si ce n'est la présence d'oiseaux  en période de reproduction et les  cris typiques de couple reproducteur.


La sortie s'achève avec 35 espèces dans la besace et les jumelles. La météo est restée sereine malgré des nuages menaçants par moments.  Quelques espèces courantes manquent à l'appel mais nous les verrons une prochaine fois.

Merci à toutes les participantes et participants pour leur curiosité. Merci à Alain qui nous a guidés sur ses terres de prédilection.

 Photos : Jean-Marc Jansen ( photos de groupe de dos et du plan d'eau) et Philippe Gachet (goéland argenté, tarier pâtre et bassin de rétention des eaux pluviales, photo de groupe de face)

 

 

Liste des espèces observées par ordre alphabétique (en rouge hivernants nordiques)

Accenteur mouchet, bergeronnette de Yarrell,   buse variable, chardonneret élégant, canard colvert, cisticole des joncs,  corneille noire, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, foulque macroule, geai des chênes, goéland argenté, grand cormoran, grimpereau des jardins, grive mauvis, grive musicienne,  héron cendré, , merle noir,  mésange bleue, mésange charbonnière,   pic vert, pie bavarde, pigeon ramier, pinson des arbres, pipit farlouse, pouillot véloce, poule d'eau, râle d'eau, roitelet à triple-bandeau, rougegorge familier, tarier pâtre, tarin des aulnes, troglodyte mignon, verdier d'Europe.

Prochaine sortie :

Mercredi 13 décembre 2023

Troisgots-La Chapelle-sur-Vire/50

Les oiseaux des bords de Vire et de la carrière en hiver 

Rendez-vous : 9h30 sur le petit parking, situé sur la D 452 près du pont qui permet d'aller à Domjean, en face de l'ancienne auberge.

Le lieu de sortie peut être modifié en fonction de la météo et de l'accessibilité des lieux.

Contacts : Alain Brodin (abrodin@orange.fr) et Philippe Gachet par SMS ou courriel.(ph.gachet50@orange.fr, 06 89 56 85 74)


vendredi 9 juin 2023

Rendez-vous avec les oiseaux du 24 mai 2023 à Cerisy-la-Forêt/50

Chants des oiseaux forestiers

Nous sommes 12 au départ de cette sortie consacrée aux chants des oiseaux de la forêt. 


Nous partons de la maison forestière du rond-point (qui n'est pas située dans un rond-point comme son nom pourrait l'indiquer) pour nous diriger vers le Bois l'Abbé, section manchoise de la forêt de Cerisy.

Nous longeons une belle hêtraie à gauche et une parcelle en régénération. Des oiseaux circulent d'un côté à l'autre de la piste : mésange charbonnière, mésange bleue, pinson des arbres et pouillot véloce sont repérés soit par leur chant soit à la vue. Une famille de mésange à longue queue se promène dans la canopée, poussant de petits cris aigus. Les jeunes sont moins contrastés au niveau de la tête, le côté de la tête est sombre et brun  alors que l'adulte a les joues blanches et un sourcil noir et large bien délimité. Nous entendons aussi dans ce secteur le chant puissant et musical de la fauvette à tête noire et le chant rythmé et créatif de la grive musicienne (imitations nombreuses) et la ritournelle du grimpereau des jardins.


Un peu plus loin, arrivés au carrefour qui permet de pénétrer dans le département de la Manche, dans une parcelle où de vieux arbres sont maintenus en place,  nous observons les allers-retours d'une sittelle torchepot qui nourrit des jeunes (6 à 8). Le nid est situé dans une cavité haut dans un chêne, à une enfourchure. On peut même distinguer le bourrelet maçonné par l'oiseau pour diminuer le diamètre d'entrée du trou qui peut être un ancien trou de pic. Les jeunes restent assez longtemps au nid pour des passereaux : 22 à 24 jours. Il faut en effet que le jeune soit en mesure de voler rapidement à sa sortie du nid.

Nous poursuivons notre parcours en laissant à gauche une ancienne sapinaie assez sombre qui pourrait permettre de voir des espèces liées aux conifères mais nous n'entendrons, par exemple, aucun roitelet. 

Nous arrivons ensuite sur une parcelle qui  a été déboisée et pour des raisons écologiques laissée en libre évolution pour créer de la biodiversité et attirer chauves-souris, papillons et éventuellement engoulevent d'Europe. C'est le domaine du pic noir où il profite de quelques arbres morts que le forestier a bien voulu laisser là mais nous ne le verrons pas. Par contre, nous entendons sortant des buissons le chant de la fauvette des jardins,  qui est assez grosse et brun-clair. Le chant est un bredouillement de notes ressemblant au début du chant de la fauvette à tête noire mais il n'a pas la partie terminale et musicale de sa cousine.

C'est par le chant que nous repérons un pipit des arbres, toujours présent dans cette zone. Il profite des quelques bouleaux qui dominent la végétation herbeuse (molinie) pour se percher puis descendre en chantant et en parachute vers son nid.


Une buse variable s'échappe de son nid vers la clairière. Nous en reverrons deux dans ce secteur. La parcelle suivante à gauche est aussi une parcelle de conservation. Habituellement, on y trouve tous les oiseaux forestiers caractéristiques typiques mais là rien. Nous faisons demi-tour. Un pic nous survole. Un petit coup de repasse et hop! Le voilà de retour. Calotte rouge, bec court, c'est le pic mar qui se manifeste. Les pics sont des oiseaux territoriaux assez agressifs envers les intrus.

Au retour, un pic noir est entendu mais il est possible que le geai des chênes qui criaille un peu plus loin ou la grive musicienne soient les auteurs de ces cris. Le doute subsistera car nous sommes dans la zone de nidification de ce grand pic dont nous avons observé des perforations auparavant.

La mésange huppée sera aussi notée mais dans la hêtraie et pas dans des conifères qu'elle fréquente plus particulièrement.


D'autres espèces seront observées par certains d'entre nous comme le chardonneret élégant qui niche dans le jardin de la maison forestière, une bergeronnette grise qui profite sûrement des espaces dégagés des parkings et des quelques constructions pour s'alimenter et nicher et enfin l'hirondelle rustique en vol au-dessus de la forêt.

24 espèces ont été observées, souvent entendues et peu vues. Le feuillage abondant empêche en effet de bien  voir  les oiseaux. Quelques espèces forestières caractéristiques ont été notées : grimpereau des jardins, pic mar, pic noir, roitelet huppé et sittelle torchepot.  Certaines d'entre elles ne sont pas exclusives de la forêt et se retrouvent dans le bocage qui constitue  une "forêt linéaire" quand il est entretenu et maintenu dans sa continuité.

Merci à toutes et tous pour votre concentration et votre curiosité. Pas facile les chants!

Liste des espèces :


Mésange charbonnière Pouillot véloce Pinson des arbres Rouge-gorge Mésange bleue Merle noir Pigeon ramier Fauvette à tête noire Troglodyte mignon Grive musicienne Grimpereau des jardins Orite à longue queue Sittelle torchepot ( sur son lieu de nidification) Fauvette des jardins Pipit des arbres Buse variable Corneille noire Mésange huppée Roitelet huppé Geai des chênes Pic noirPic mar

Bergeronnette grise, chardonneret élégant au point de départ. 


Photographies dans l'ordre de publication: Jean-Marc Jansen (groupe)- Rémi Magloire (mésange bleue à la toilette-buse variable-trous de pic)- Dominique Plut (pic mar-cavité de sittelle)- Rémi Magloire (pouillot véloce sur arbre mort)

Aucune sortie n'est planifiée au mois de juin. Les adhérents seront prévenus individuellement au cas où une animation était organisée.