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samedi 16 février 2013

Inauguration du refuge de DANGY
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Franck Letellier avec la pancarte du refuge et les participants (mouillés!)
Sept adhérents ont affronté la pluie et le froid pour inaugurer le refuge de Franck Letellier. Après la photo de presse, celui-ci nous a guidés dans sa propriété (2 ha) : il nous a fait découvrir ses réalisations (mur de pierre sèche, plantations, nichoirs à crécerelle et hulotte, entre autres) et nous a exposé ses projets d'aménagement. Le site, installé sur une pente bien exposée au sud, est constitué de prairies, d'un verger de pommiers et d'une petite zone humide : il a la particularité d'être traversé par un chemin rural à l'abandon et d'un ruisseau. On retrouve sur le pignon est de la maison le tracé du ruisseau qui a été dévié et comblé à cet endroit. M. Letellier pourra le rétablir dans son ancien cours bien rectiligne. En bordure, quelques houx d'une taille respectable sont les restes d'une haie traditionnelle qui limitait l'espace autour de la maison. L'un d'eux est envahi par le lierre souvent accueillant pour les oiseaux.
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Le ruisseau a été dévié : une haie de houx le bordait autrefois, limitant l'espace autour de la maison.

La zone humide située en contrebas du verger planté de beaux pommiers présente une végétation intéressante : cirse des marais et cardamine. Laisser évoluer cette végétation pourrait permettre de voir ... papillons et insectes aux beaux jours. M.Letellier projette d'y aménager une mare : un simple trou d'eau indépendant de l'écoulement suffirait dans un premier temps.
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Réflexions autour de la zone humide avec cirse des marais et cardamine (cresson).

Nous avons admiré les beaux chênes en limite de refuge : l'un d'eux est assailli par un lierre déjà ancien qu'il est préférable de couper. Le chemin rural (inondé actuellement) qui traverse le site n'est plus entretenu depuis longtemps et est envahi par des noisetiers et des frênes. Nous apprenons, grâce à Jean, que M. Letellier, étant propriétaire des deux talus mitoyens, peut en assurer l'entretien et éclaircir les cépées. Revenant dans le verger, nous entendons le grimpereau des jardins qui s'installera peut-être au nichoir suspendu sur un des pommiers.
Pendant la visite, peu d'oiseaux étaient au rendez-vous. En voici malgré tout la liste : moineau domestique, merle noir, troglodyte, étourneau, mésange bleue, mésange charbonnière, grive musicienne, grive mauvis, grive litorne, pinson des arbres, pinson du nord, pigeon ramier, corneille noire, pie bavarde, sittelle torchepot, accenteur mouchet, rougegorge, grimpereau des jardins.
Le refuge a un fort potentiel "nature" existant et à venir : il accueille déjà une faune et une flore intéressante. (Chevreuil, fouine, renard, couleuvre, ...). Nul doute que des aménagements simples permettront d'enrichir encore cette diversité.
La matinée s'est achevée comme elle a débuté, autour d'un café pour se réchauffer.
Merci à Franck pour son accueil , à Jean Collette d'avoir fait un long trajet pour participer à l'animation et à tous les participants à cette sympathique rencontre .
 
Prochaine animation : 7 avril 2013 : "Le choeur de l'aube" Saint-Gilles, bois de Mingrey. Ecoute des premiers chanteurs matinaux. RV : 5h30 au parking du bois de Mingrey. Vêtements chauds vivement conseillés. Nous partirons ensuite pour les courageux à la découverte des oiseaux forestiers (compter 3h, à partir de 5h30)

Réunion des adhérents : le 22 février 2013 à 20h  au magasin Point Nature, rue des Noyers à Saint-Lô.

lundi 31 décembre 2012

Le Bois Jugan à Saint-Lô, un site intéressant mais ...

Ce site constitué du parc urbain et de la ferme musée présente une diversité de milieux plutôt accueillants pour les oiseaux  : milieu bocager avec verger, prairie permanente, chemins creux et grands arbres, milieu humide avec plan d'eau, saules et roseaux (massettes, phragmites), milieu plus ouvert avec de grandes pelouses limitées par des haies libres comprenant des espèces à baies.
La destruction du bocage par l'urbanisation et l'aménagement d'un golf compact et d'un parc urbain a ouvert le milieu et  attiré de nouvelles espèces.

Le bocage  encore relativement  préservé  permet aux rougegorges, merles, grives de nicher: le maintien de la haie sur talus bien fournie en ronces, aubépine, facilite l'installation des espèces comme les fauvettes ou les pouillots. La densité de la végétation par endroit permet l'installation du plus rare bouvreuil pivoine (espèce signalée sur la liste rouge des espèces normandes). Les vieux arbres avec leur cavité permettent au pic épeiche et aux mésanges de se reproduire. Deux espèces de rapaces diurnes, le faucon crécerelle et la buse variable profitent des espaces dégagés pour chasser. Les moineaux, étourneaux, mésanges bleues, rougequeues noirs, hirondelles de cheminée utilisent les bâtiments de la ferme pour s'abriter ou nicher. Le plan d'eau, les deux mares sont le domaine de la poule d'eau : le héron, l'aigrette, le martin-pêcheur viennent parfois pêcher dans les parages. Les bergeronnettes, les grives mauvis, les mouettes rieuses se nourrissent sur les pelouses en hiver.

Intérêt supplémentaire du site : c'est une étape de repos au printemps ou à l'automne pour de nombreux passereaux migrateurs comme le rougequeue à front blanc, le traquets tarier ou motteux, le phragmite des joncs ou la fauvette babillarde. Les haies libres du parc leur permettent de trouver pour quelques heures ou pour la nuit un abri sûr et de la nourriture (insectes, invertébrés, baies).



Toutes ces observations montrent tout l'intérêt d'un site qui se situe au milieu d'espaces de plus en plus urbanisés. C'est la partie bocagère constituée de la ferme, des chemins creux, du verger et des prairies qui accueille la majeure partie des espèces observées et surtout des espèces nicheuses.

Le maintien et même la protection de cette structure bocagère et par là même, d'une végétation variée riche en essences rustiques et en arbres plus ou moins âgés, un entretien limité des parcelles (fauche tardive), une utilisation réduite des produits phyto-sanitaires doivent permettre de continuer à observer une grande biodiversité au Bois Jugan.

Une 71ème espèce  relativement rare pour la région a été observée le 20 décembre : le grosbec casse-noyaux.

samedi 22 décembre 2012

Un visiteur rare au  Bois Jugan à Saint-Lô 

Le jaseur boréal

 

 Photo  : Philippe Gachet

Un oiseau surprise
Depuis le 12 décembre 2012, on peut observer au parc du Bois Jugan un oiseau nordique exceptionnel : le  jaseur boréal. Deux individus sont présents sur le site. Ces oiseaux, originaires du nord de l'Europe vivent habituellement dans la taïga où ils sont très liés à l'épicéa (le sapin de Noël). Insectivores aux beaux jours, ils changent à l'automne de régime et se nourrissent notamment des fruits du sorbier et d'autres baies. Une bonne reproduction de l'espèce et un manque de nourriture vont entraîner ces oiseaux dans des invasions vers l''ouest et le sud ouest qui permettent de les observer exceptionnellement dans notre région.
Ces invasions sont rares, la dernière remonte à 2005. L'apparition du jaseur avec ses petites taches rouges sur les ailes semblables à des gouttes de sang, était, pour certains anciens, signe de calamité ou de malheur : deux invasions de ces oiseaux avaient précédé les deux dernières guerres mondiales. Les oiseaux présents sur les haies du parc sont peu farouches : ils se nourrissent des baies rouges de la viorne relativement abondantes dans ces haies, ils apprécient aussi les petites pommes de pommiers ornementaux « Everest ». De la taille d'un étourneau, ils sont facilement identifiables avec leur huppe rousse, leur bande noire sur les yeux et une petite barre jaune sur la queue sombre.

Photo : Denis Hallé



Photo : Rémy Gautier (13-12-2012)
Le jaseur boréal constitue la 70ème espèce observée en deux ans sur le site du Bois Jugan qui est suivi régulièrement par le GONm (groupe ornithologique normand) notamment par un suivi "Tendances" .

Quelques observations
Les jaseurs, après s'être nourris de baies de viorne, s'intéressent aussi aux baies de troène, et d'églantiers qu'ils trouvent dans les  haies  qui bordent le golf et qui, heureusement, n'ont pas été taillées à l'automne.
Le jaseur se tient discrètement dans un merisier  par exemple : il descend brièvement vers les viornes pour se nourrit,  en émettant quelquefois son petit cri doux et roulé. Quand il est perché, son plumage  se confond parfaitement avec la couleur des branchages : les couleurs vives des ailes ne sont pas toujours visibles. Il faut parfois rester un certain temps sur place et attendre qu'il bouge pour l'observer.
Le jaseur se perche parfois beaucoup plus haut, sur les branches élevées d'un chêne par exemple. Il peut alors partir dans un vol très bref semblable à celui du gobemouche gris, pour attraper quelque insecte.
Le vol du jaseur est très rapide et direct : les ailes peuvent paraître transparentes comme celles d'un étourneau. 
Les premières observations sur le site ont permis de voir les deux oiseaux  ensemble (voir les photos) : ce n'est plus le cas depuis quelques jours. Ils sont toujours vus séparément.
D'ailleurs, leur comportement a évolué en deux semaines. De très peu farouches, ils sont devenus plus distants et discrets.

Première observation le 12 décembre 2012



Un grand merci aux photographes : Rémy, Alain et Denis. 



Photo : Alain Brodin

Photo : Rémy Gautier