mardi 4 juin 2013

Animation du 2 juin 2013 à Saint-Lô, pont de Candol


Les oiseaux nicheurs de la vallée de la Vire

Sept personnes étaient présentes au rendez-vous au pont de Candol. Le temps nuageux au début et un peu frais s'est ensoleillé et a permis d'observer dans de bonnes conditions, très calmes et agréables.

Au départ du chemin de halage, nous observons deux corneilles qui effectuent des orbes dans le ciel, l'une semblant poursuivre l'autre. Une buse ne semble pas les déranger et, pour une fois, passe sans être houspillée.
Nous nous mettons dans l'oreille des chants communs qui retentissent en bord de Vire : fauvette à tête noire, troglodyte mignon, pinson des arbres, grive musicienne, pouillot véloce et rougegorge.

Dans un méandre de la Vire, avant le déversoir situé en aval, des bergeronnettes des ruisseaux moucheronnent, s'élançant des berges pierreuses. Deux jeunes bergeronnettes grises arpentent les cailloux à la recherche d'insectes . Hirondelles de cheminée et hirondelles de rivage, elles aussi, sont en quête de nourriture et chassent à la surface de l'eau.
Sur une pelouse fraîchement tondue en rive droite, deux grives musiciennes pourchassent les vers. Nous voyons bien qu'il y a urgence à nourrir les jeunes et une grande activité règne.
Nous quittons le chemin sur la droite et nous entrons dans une large prairie de fauche. La fauvette des jardins chante à couvert dans une haie de ronces et d'aubépines caractéristique de cette zone exploitée essentiellement pour la fauche et le pâturage.
Quelques mésanges bleues circulent dans les saules bordant la zone humide formée par l'ancien lit de la rivière.

Hypolaïs polyglotte
Le bras mort de la Vire qui,  à cette époque, commence à s'assécher, a un niveau suffisamment élevé pour permettre l'installation des foulques macroules. Nous observons un couple dont la femelle s'affaire sur son nid construit à la hâte sur l'eau. C'est peut-être une deuxième nichée . Trois couples sont installés sur le bras mort en compagnie des colverts et des poules d'eau.

Un martin-pêcheur a la bonne idée de venir se percher sur un aulne mort. Nous pouvons l'observer pendant plusieurs minutes, nous sommes suffisamment loin pour éviter la fuite de cet oiseau très craintif. Il niche dans les parages, dans un trou qu'il a creusé dans les berges sableuses de la Vire. Il peut faire plusieurs nichées (2 à 4) par an. Au cours de l'enquête « rivières » de 2010, nous avions noté 1 à 2 couples sur 7,8 km entre Sainte Suzanne et Candol.


Nous reprenons le chemin de halage : un chant rythmé et varié, plein d'imitations, se fait entendre dans un bouquet d'aubépines et de saules au-dessus d'un fossé humide. Pas de doute, c'est la rousserolle verderolle, petit fauvette aquatique, qui fait son nid dans la végétation épaisse au bord d'un cours d'eau. Nous arrivons à la distinguer, se déplaçant rapidement de branche en branche. Nous avons relevé dans son chant des imitations de pouillot véloce, de merle, de mésange bleue, de grive musicienne. Difficile de s'y retrouver parce qu'elle imite des chants d'oiseaux africains que nous ne connaissons pas.

Plus loin, un longue haie constituée de ronces, d'aubépines, d'églantiers, de houblons et de quelques frênes accueillent quelques espèces typiques, la fauvette grisette et l'hypolaïs polyglotte notamment. Nous ne verrons pas le bouvreuil pivoine qui s'est pourtant installé ici pour nicher. Nous l'entendrons brièvement un peu plus loin.


C'est toujours sympa d'entendre le doux « rou » « rou » de la tourterelle des bois familière de l'ancienne voie ferrée. Il faut « se lever de bonne heure » pour trouver son nid, certainement bien dissimulé dans de jeunes arbres ou des fourrés.
Grèbe castagneux
Une dernière étape nous emmène vers la maison éclusière et son bief, lui aussi, bien en eau. Colverts et poules d'eau sont familiers des lieux : nous découvronslà un couple de grèbes castagneux (Illustration 1) avec deux jeunes. Nous assistons à une séance d'apprentissage : l'adulte plonge brièvement et apporte le produit de sa pêche à un des jeunes qui le suit. Larves d'insectes ou de mollusques sans doute : le grèbe est moins piscivore que ses collègues « huppés » et « cou noir ». C'est pour cela qu'on le trouve sur de petites surfaces d'eaux dormantes moins poissonneuses.
La colonie d'hirondelles de rivage située un peu plus loin est déserte en ce moment.

L'animation s'achève. Plus de 30 espèces nicheuses ont été observées. La diversité et la qualité des milieux permet une grande diversité des espèces. Dans ce secteur, les prairies de fauche ou de pâture sont maintenues, les haies sont bien conservées ( frênes, chênes, aubépines, pruneliers, églantiers, etc... ) . Les berges de la Vire restent cependant fragiles : les aulnes s'écroulent peu à peu et les fragilisent. Le bémol concerne sans aucun doute la qualité de l'eau de la Vire
Les oiseaux liés à la rivière ont été observés (bergeronnette des ruisseaux , poule d'eau, martin-pêcheur, hirondelles de rivage). Quelques espèces des eaux calmes ont été notées. Les espèces bocagères ou forestières étaient bien présentes sauf les pics qui fréquentent l'hiver, les aulnes et les peupliers des parties humides (2 pics épeiches avaient été observés en vol, juste avant l'animation). La rousserolle verderolle est, elle, plus représentative des milieux humides : la similitude de certains secteurs avec des zones de marais (prairies de fauche, haies boisées, saules, fossés humides) la retient ici.

Merci à tous à tous les participants pour leur écoute active et leur intérêt.pour les oiseaux.

Liste des espèces observées

Accenteur mouchet, bergeronnette grise, bergeronnette des ruisseaux, bouvreuil pivoine, buse variable, canard colvert, corneille noire, fauvette des jardins, fauvette à tête noire, fauvette grisette, foulque macroule, geai des chênes,grèbe castagneux, grimpereau des jardins, grive draine, grive musicienne, hirondelle de cheminée, hirondelle de rivage, hypolaïs polyglotte, martin-pêcheur d'Europe, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, mésange à longue queue, pie bavarde, pigeon ramier, pouillot véloce, poule d'eau, rougegorge familier, rousserolle verderolle, tourterelle des bois, troglodyte mignon.

P. Gachet, C. Lebouteiller, F. Letellier

Photos : Franck Letellier

Prochain rendez-vous

22/09/2013 10h
Les oiseaux migrateurs
Parking de la piscine
Parc urbain du Bois Jugan

50000- SAINT-LO

Pour connaître toutes les animations organisées par le GONm en Normandie, consulter le calendrier du GONm sur le site http://www.gonm.org/.

Les compte-rendus des animations des adhérents du GONm Saint-Lô apparaissent sur le blog http://gonmsaintlo.blogspot.fr/

A noter aussi, par les collègues du Sud Manche, le blog http://gonmsmanche.blogspot.fr/

Contact Saint-Lô : Philippe Gachet ph.gachet@orange.fr 06 89 56 85 74

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