"C'est par une belle et calme matinée hivernale que s'est déroulée la première animation de l'année".
Ce compte-rendu aurait pu commencer ainsi, comme cela a été suggéré en fin d'animation mais non, les conditions météorologiques étaient très défavorables. Les pluies importantes et le vent qui avaient accompagné les 6 vaillants participants pendant leur trajet pour accéder au lieu de rendez-vous laissaient craindre le pire. Heureusement sur place, il n'y eut que la moitié du pire avec uniquement un frais vent à décorner les bœufs mais pas de pluie. Difficile de tenir la lunette ou les jumelles! Dans ce secteur plat de la baie des Veys, il y a peu d'obstacle pour ralentir le vent.
Ces conditions particulières ont amené à raccourcir le temps d'observation à 1h30 maximum.
Comme habituellement, le groupe emprunte l'arrière dune qui permet d'observer à la fois les oiseaux de l'arrière dune et de la mer pour revenir par la plage ou tout au moins le rivage sableux.
Les vanneaux huppés sont bien présents un peu partout. La vague de froid récente les a fait descendre. Nous apercevons un vol assez lointain qui paraît assez sombre et compact. Le vol assez lent ("coups d'ailes tranchants et peu nombreux"dit le guide), la largeur des ailes et la taille d'un pigeon permettent d'identifier le vanneau. Les ailes présentent en vol à la fois le dessus sombre et le dessous blanc : ce qui donne de loin un vol alternant clair et sombre.
Un héron cendré est discrètement planté à l'abri d'une haie basse dans une prairie. Une aigrette garzette passe. Des bernaches cravants à ventre sombre (espèce du nord de l'Europe et de Russie) pâturent tranquillement dans une grande parcelle légèrement inondée : elles alternent le pâturage de l'herbe qui repousse sur la terre sableuse et des moments de repos sur la mare provisoire qui s'est crée là suite aux précipitations importantes.
Les jumelles se tournent vite vers la mer car arrivent au loin un nombre important d'oiseaux, de gros oiseaux sombres volant au ras de l'eau qui s'avèreront être des grands cormorans et des oiseaux blancs avec la pointe de l'aile noire volant un petit peu plus haut et plongeant régulièrement pour pêcher, des fous de Bassan. Il y a bien une cinquantaine d'oiseaux de chaque espèce qui se livre à cette pêcherie. La mer descendante doit amener des bancs de poissons importants. Ce spectacle va durer assez longtemps pour s'atténuer peu à peu. Les poissons sont passés.
Des laridés se mêlent à cette descente, goélands argentés, goélands marins, goélands cendrés, mouettes rieuses et aussi une sterne caugek pêcheuse avertie elle aussi : on la reconnaît à la pointe jaune de son bec.
Un grèbe huppé pourrait profiter aussi de la manne mais il semble plutôt au repos, posé sur l'eau. Le grèbe huppé se reproduit sur les plans d'eau douce mais l'hiver, il fréquente volontiers le littoral et il n'est pas rare de le voir sur l'eau près du rivage. D'autres grèbes peuvent être observés ici, le grèbe esclavon et le grèbe castagneux.
Quelques pipits farlouses décollent de la plage. C'est leur cri qui les trahit. Le vent fort empêchera ce matin d'observer beaucoup de passereaux qui se mettent à l'abri. Nous observons tout de même le traditionnel tarier pâtre autrefois traquet pâtre pour les "anciens" : quelques ronciers, quelques arbrisseaux dégarnis et des clôtures pour se percher lui suffisent. C'est un oiseau typique des milieux ouverts à végétation basse et maigre. Le couple est observé : il y a une nette différence entre le mâle et la femelle qui pourrait faire penser en les voyant qu'on a à faire à deux espèces différentes. Le mâle a la tête noire, un demi-collier blanc caractéristique et une tâche orangé sur la poitrine. Une linotte mélodieuse est aussi vue posée au sol.
Nous faisons un petit arrêt pour poser la lunette et observer les oiseaux qui se trouvent posés et se nourrissant derrière le groupe de bernaches sur la grande parcelle de culture à l'arrière de la dune.
Il est assez facile de distinguer un bon groupe de pluviers dorés, petit limicole qui paraît brun dessus mais qui en fait le plumage est un peu gris et parsemé de tâches jaunes plus ou moins clairs qui lui donnent un aspect brun. On le trouve souvent associé au vanneau huppé dans les champs labourés et les prairies. C'est un oiseau continental. Le pluvier doré est un hivernant intégral plus ou moins abondant selon les rigueurs des hivers. Il y a aussi dans ce groupe d'oiseaux d'autres limicoles, bécasseaux sanderling et variable mais il est vraiment difficile de détailler les groupes avec ce vent décidément très gênant. De gros canards noir et blanc avec un bec rouge nous survolent : des tadornes de Belon, oiseau caractéristique des zones estuariennes.
Un groupe de passereaux va se réfugier dans un roncier, ce sont des verdiers d'Europe : en plus de l'aspect un peu gros de l'oiseau, on distingue à la lunette la barre jaune des ailes. Ce n'est pas un oiseau typique des rivages mais la présence de conifères de type thuya ou cupressus autour des constructions peut expliquer leur présence mais rien n'interdit de penser que dans la journée, ils exploitent la laisse de mer. On entend un bref cri d'alouette des champs. Aux beaux jours, c'est l'oiseau typique de ces zones côtières dunaires.
Nous prenons la plage pour revenir à notre point de départ. Le vent devient de plus en plus désagréable.
Des petits groupes d'oiseaux sont à pied d'œuvre sur la laisse de mer : ils sont très mobiles et s'envolent à la moindre perturbation. Nous voyons d'abord un groupe de grands gravelots : en hiver, c'est en général, le seul gravelot présent même si on peut voir désormais un peu plus mais rarement de gravelots à collier interrompu, nicheur célèbre des plages normandes. En vol, on distingue bien la barre blanche sur l'aile du grand gravelot.
Une observation attentive à la lunette de la laisse de mer permet d'observer trois espèces différentes : le bécasseau sanderling bec de limicole pointu, plumage gris blanc, jouet mécanique de la plage, le pluvier argenté, bec assez court et fort, plus gros et plus marin que le pluvier doré ( en vol on distingue ses aisselles noires) et le tournepierre à collier reconnaissable au motif sombre sur sa poitrine et à son bec pointu. Ces 3 espèces trouvent leur nourriture dans la laisse de mer. N'oublions pas plus loin l'huîtrier-pie, plumage noir et blanc et bec rouge.
Bon c'est pas l'tout. Il ne fait pas chaud. On se rentre à l'abri!
Deux phoques veaux-marins se sont montrés également. Il y a une colonie dans la baie qui attire les curieux.
Nous avons observé ce matin les espèces habituelles des havres et des baies normandes mais malheureusement peu de passereaux qui auraient pu enrichir la collection.
Merci à nos vaillants et vaillantes adhérentes qui n'ont pas hésité à affronter les intempéries pour observer ces 25 espèces d'oiseaux.
Merci à Jean-Marc Jansen pour ses images.
Liste des espèces : aigrette garzette, alouette des champs, bécasseau sanderling, bécasseau variable, bécassine des marais, bernache cravant à ventre sombre, étourneau sansonnet, fou de Bassan, goéland argenté, goéland cendré, goéland marin, grand cormoran, grand gravelot, grèbe huppé, héron cendré, linotte mélodieuse, mouette rieuse, pipit farlouse, pluvier argenté, pluvier doré, sterne caugek, tadorne de Belon, tarier pâtre, tournepierre à collier, vanneau huppé, verdier d'Europe
Prochaine sortie (sous la neige?)
PONT-HEBERT
Mercredi 3 février 2026
Oiseaux des bords de Vire
Rendez-vous : parking de la rue des Juifs 50880-Pont-Hébert
Contacts abrodin@wanadoo.fr et ph.gachet50@orange.fr
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