jeudi 5 février 2026

Rendez-vous avec les oiseaux du 4 février 2026 à Pont-Hébert/50


Le temps est calme et ensoleillé, idéal pour observer les oiseaux qui seront de fait bien au rendez-vous! Nous sommes 15 ce matin au départ de la rue des Juifs qui permet de descendre rapidement vers le chemin de halage situé en rive gauche de la Vire.

Ce sont les oiseaux des bourgs que nous observons tout d'abord : choucas des tours qui s'inquiètent de leur cheminée préférée, tourterelle turque qui chante, perchée sur le clocher de l'église, moineaux domestiques qui piaillent dans les jardins et aussi le verdier d'Europe, oiseau assez courant dans les zones habitées du moment qu'on y trouve des thuyas ou des cupressus mais aussi étourneaux sansonnets déjà actifs pour la recherche de cavités où nicher.

Nous descendons vers la Vire en écoutant le chant assez doux et bref de l'accenteur mouchet, petit oiseau à a tête grise et au bec pointu qui se nourrit souvent au sol. A cette époque, on peut voir ces oiseaux se poursuivre sur des haies souvent monospécifiques (buis, cotoneaster, cupressus, par exemple). Le long de la rive et circulant discrètement mais actives tout de même, quelques mésanges ou orites à longue queue sont en recherche de nourriture en bande. Il est rare en hiver d'en voir une, isolée. Dans les branches basses de la rive, circulent quelques pouillots véloces à peine visibles dans le fouillis végétal.

Nous observons les classiques mésanges bleue et charbonnière et pinsons des arbres (vol onduleux, barres alaires visibles en vol). Dans un aulne, quelques oiseaux se nourrissent des graines des aulnes. Malgré le contre-jour, on distingue  leur face colorée de rouge et le jaune sur les ailes, ce sont des chardonnerets élégants qui évoluent en bandes en hiver. On entend aussi un discret tarin des aulnes qui a un cri disyllabique : lui aussi est un mangeur des graines d'aulnes. D'où son nom!

Nous nous tournons vers les prairies qui remontent vers d'anciens bâtiments de ferme assez dégradés. Les mouettes rieuses les survolent tranquillement. Une corneille noire est perchée sur le toit de tuiles et le corbeau freux passe au loin : peau nue blanche autour de la base du bec. Il niche en colonie, appelée corbeautière. Un faucon crécerelle se repose au sommet d'un conifère. La lumière basse écrase les couleurs de son plumage. Le milieu est idéal pour lui, perchoirs élevés qui permettent de voir loin et grandes parcelles riches en micro-mammifères ou gros insectes aux beaux jours. Il fréquente un peu le même milieu que la buse variable que nous voyons un peu plus tard dans la même zone. Un épervier d'Europe est chassé par une corneille et ne s'attarde pas. Un vanneau huppé, alternance en vol de noir et de blanc et ailes larges, passe tranquillement :  son vol est ample et lent. La vitesse du vol permet parfois d'identifier les oiseaux : c'est notamment le cas pour les goélands. Tiens, justement,  un goéland cendré nous survole, c'est le plus petit des goélands. Il fréquente volontiers les prés humides. Son vol est plus lent que celui du goéland argenté.

Dans ces prés où l'eau affleure souvent et forme des mares provisoires, le pipit farlouse et a bergeronnette grise sont souvent observés mais nous n'en observerons aucun d'entre eux ce matin.

Nous arrivons près d'une zone boisée, précédée de buttes broussailleuses. Deux oiseaux sont discrètement perchés dans un aulne. Eux aussi tapent dans les graines d'aulnes. Nous distinguons la queue fourchue et la poitrine rouge, la marque rouge sur le front de la linotte mélodieuse assez proche du chardonneret dans ses habitudes. Elle peut former de grandes bandes qui exploitent  les chaumes hivernaux.

Des mouvements dans le gui et les lierres sont remarqués : 3 fauvettes à tête noire , 2 mâles et 1 femelle se nourrissent mais se poursuivent aussi. Au loin, un pic vert traverse à faible hauteur, une grive draine amorce un chant vite stoppé et nous notons deux ou trois individus perchés haut, plus loin. 

Des roitelets circulent ici et là, les deux espèces sont présentes et vues si on les repère  d'abord à l'œil nu, huppé et triple-bandeau. Ce sont des petits oiseaux très actifs en hiver, souvent en ronde comme les mésanges. Autre petit oiseau repéré par son cri aigu répété plusieurs fois, le grimpereau des jardins. Plus tard, nous en observons un qui tape dans les mousses d'une branche de chêne.

Un pic épeiche pousse son cri et tambourine légèrement : ce tambour n'est encore pas très vigoureux. Nous finissons, après les avoir entendues, par voir deux sittelles torchepots, arpentant la tête en bas et en sautillant quelque chêne. La sittelle nichera bientôt dans une cavité dont elle aura diminué le diamètre d'entrée avec de la boue.

Sur le chemin du retour, nous observons sur le côteau, en rive droite, une jolie bande d'étourneaux mais plus intéressant, des grives mauvis, une vingtaine au moins forment une couronne d'oiseaux au sommet d'un chêne. C'est la silhouette qui n'est pas celle d'un étourneau et le fait que ce soit un groupe qui permettent d'identifier l'espèce de grive.

En rive, trois jeunes grands cormorans  sont au repos sur des aulnes, ils ont le devant clair. Quelques canards colverts sont posés tranquillement mais s'envolent tout de même à notre approche. Une poule d'eau passe sous les branches retombantes de la rive. Un possible martin-pêcheur est vu très rapidement. Le martin-pêcheur a besoin d'environ  3 km de cours d'eau pour établir un territoire.

Notre petit groupe rejoint le point de départ avec 40 espèces dans la musette. Joli score! C'est la deuxième fois cette année que  nous obtenons un score si élevé. Il est vrai qu'avec 15 paires d'yeux de plus en plus aguerris, c'est plus facile de voir un grand nombre d'espèces. La météo était idéale, il faut le préciser. En traversant des milieux finalement assez variés, nous avons noté une certaine richesse spécifique : quelques espèces attendues comme les pipits, les bergeronnettes et les hérons étaient absentes, cependant.

Photos : Patrick Potevin (groupe, faucon crécerelle, mésange bleue et accenteur mouchet)-Matthieu Paillard (Grands cormorans immatures)

Retrouvez d'autres photos après la liste ci-dessous. 

Liste des espèces (40) : accenteur mouchet, buse variable, canard colvert, chardonneret élégant, choucas des tours, corbeau freux, corneille noire, épervier d'Europe, étourneau sansonnet, faucon crécerelle, fauvette à tête noire, goéland argenté, goéland cendré, grand cormoran, grimpereau des jardins, grive draine, grive mauvis, grive musicienne, linotte mélodieuse, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, moineau domestique, mouette rieuse, orite à longue queue, pic épeiche, pic vert, pie bavarde,  pigeon ramier, pinson des arbres, pouillot véloce, poule d'eau, roitelet à triple-bandeau, roitelet huppé, rougegorge familier, sittelle torchepot,  tarin des aulnes, tourterelle turque, vanneau huppé, verdier d'Europe.

Prochaine sortie

Cerisy-la-Forêt/50

Les oiseaux de la forêt : premiers chants

Mercredi 18 mars 2026 

Rendez-vous : 9h à la maison forestière du Rond-Point (qui ne se trouve  pas au rond-point de l'embranchement  mais  sur la D13, en allant vers Cerisy en partant de ce grand rond-point)  à Montfiquet/14.

Autres images  

Les participants au départ du parcours (PPo)

Mésange bleue (PPo)



Rougegorge familier (PPo)




Grand cormoran (PPo)

Grand cormoran (PPo)

Travaux d'aménagement du chemin (PPo)

Bovin et étourneau sansonnet profiteur



Buse harcelée par choucas (PPo)


Cherchez l'oiseau (MPa)

 

Le choucas des tours revient sur sa cheminée chaque jour (Philippe Gachet)

Photo! (Philippe Gachet)

vendredi 23 janvier 2026

Rendez-vous avec les oiseaux du 21 janvier 2026 à Geffosse-Fontenay/14


 "C'est par une belle et calme matinée hivernale que s'est déroulée la première animation de l'année".

Ce compte-rendu aurait pu commencer ainsi, comme cela a été suggéré en fin d'animation mais non, les conditions météorologiques   étaient très défavorables. Les pluies importantes et le vent qui avaient accompagné les 6 vaillants participants pendant leur trajet pour accéder au lieu de rendez-vous laissaient craindre le pire. Heureusement sur place, il n'y eut que la moitié du pire avec uniquement un frais vent à décorner les bœufs mais pas de pluie. Difficile de tenir la lunette ou les jumelles! Dans ce secteur plat de la baie des Veys, il y a peu d'obstacle pour ralentir le vent.

 Ces conditions particulières ont amené à raccourcir le temps d'observation à 1h30 maximum.

Comme habituellement, le groupe emprunte l'arrière dune qui permet d'observer à la fois les oiseaux de l'arrière dune et de la mer pour revenir par la plage ou tout au moins le rivage sableux.


Les vanneaux huppés sont bien présents un peu partout. La vague de froid récente les a fait descendre. Nous apercevons un vol assez lointain qui paraît assez sombre et compact.  Le vol assez lent  ("coups d'ailes tranchants et peu nombreux"dit le guide), la largeur des ailes et la taille d'un pigeon permettent d'identifier le vanneau. Les ailes présentent en vol à la fois le dessus sombre et le dessous blanc : ce qui donne de loin un vol alternant clair et sombre.

Un héron cendré est discrètement planté à l'abri d'une haie basse dans une prairie. Une aigrette garzette passe. Des bernaches cravants à ventre sombre (espèce du nord de l'Europe et de Russie) pâturent tranquillement dans une grande parcelle légèrement inondée : elles alternent le pâturage de l'herbe qui repousse sur la terre sableuse et des moments de repos sur la mare provisoire qui s'est crée là suite aux précipitations importantes.

Les jumelles se tournent vite vers la mer car arrivent au loin un nombre important d'oiseaux,  de gros oiseaux sombres volant au ras de l'eau qui s'avèreront être des grands cormorans et  des oiseaux blancs avec la pointe de l'aile noire volant un petit peu plus haut et plongeant régulièrement pour pêcher, des fous de Bassan. Il y a bien une cinquantaine d'oiseaux de chaque espèce qui se livre à cette pêcherie. La mer descendante doit amener des bancs de poissons importants. Ce spectacle va durer assez longtemps pour s'atténuer peu à peu. Les poissons sont passés.

Des laridés se mêlent à cette descente, goélands argentés, goélands marins, goélands cendrésmouettes rieuses et aussi une sterne caugek  pêcheuse avertie elle aussi : on la reconnaît à la pointe jaune de son bec.

Un grèbe huppé pourrait profiter aussi de la manne mais il semble plutôt au repos, posé sur l'eau. Le grèbe huppé se reproduit sur les plans d'eau douce mais l'hiver, il fréquente volontiers le littoral et il n'est pas rare de le voir sur l'eau près du rivage. D'autres grèbes peuvent être observés ici, le grèbe esclavon et le grèbe castagneux.

Quelques pipits farlouses décollent de la plage. C'est leur cri qui les trahit. Le vent fort empêchera ce matin d'observer  beaucoup de passereaux qui se mettent à l'abri. Nous observons tout de même le traditionnel tarier pâtre autrefois traquet pâtre pour les "anciens" : quelques ronciers, quelques arbrisseaux dégarnis et des clôtures pour se percher lui suffisent. C'est un oiseau typique des milieux ouverts à végétation basse et maigre. Le couple est observé : il y a une nette différence entre le mâle et la femelle qui pourrait faire penser en les voyant qu'on a à faire à deux espèces différentes. Le mâle  a la tête noire, un demi-collier blanc caractéristique et une tâche orangé sur la poitrine. Une linotte mélodieuse est aussi vue posée au sol.

Nous faisons un petit arrêt pour poser la lunette et observer les oiseaux qui se trouvent posés et se nourrissant derrière le groupe  de bernaches sur la grande parcelle de culture à l'arrière de la dune. 

Il est assez facile de distinguer un bon groupe de pluviers dorés, petit limicole qui paraît brun dessus mais qui en fait le plumage est un peu gris et parsemé de tâches jaunes plus ou moins clairs qui lui donnent un aspect brun. On le trouve souvent associé au vanneau huppé dans les champs labourés et les prairies. C'est un oiseau continental. Le pluvier doré est un hivernant intégral plus ou moins abondant selon les rigueurs des hivers. Il y a aussi dans ce groupe d'oiseaux  d'autres limicoles, bécasseaux sanderling et variable mais il est vraiment difficile de détailler les groupes avec ce vent décidément très gênant. De gros canards noir et blanc  avec un bec rouge nous survolent : des tadornes de Belon, oiseau caractéristique des zones estuariennes. 

Un groupe de passereaux va se réfugier dans un roncier, ce sont des verdiers d'Europe : en plus de l'aspect un peu gros de l'oiseau, on distingue à la lunette la barre jaune des ailes. Ce n'est pas un oiseau typique des rivages mais la présence de conifères de type thuya ou cupressus autour des constructions peut expliquer leur présence  mais rien n'interdit de penser que dans la journée, ils exploitent  la laisse de mer.  On entend un bref cri d'alouette des champs. Aux beaux jours, c'est l'oiseau typique de ces zones côtières dunaires.

Nous prenons la plage pour revenir à notre point de départ. Le vent devient de plus en plus désagréable. 

Des petits groupes d'oiseaux sont à pied d'œuvre sur la laisse de mer : ils sont très mobiles et s'envolent à la moindre perturbation. Nous voyons d'abord un groupe de grands gravelots : en hiver, c'est en général, le seul gravelot présent même si on peut voir désormais un peu plus mais rarement de gravelots à collier interrompu, nicheur célèbre des plages normandes. En vol, on distingue bien la barre blanche sur l'aile du grand gravelot.

Une observation attentive à la lunette de la laisse de mer permet d'observer trois espèces différentes : le bécasseau sanderling bec de limicole pointu, plumage gris blanc, jouet mécanique de la plage, le pluvier argenté, bec assez court et fort, plus gros et plus marin que le pluvier doré ( en vol on distingue ses aisselles noires) et le tournepierre à collier reconnaissable au motif sombre sur sa  poitrine et à son bec pointu.  Ces 3 espèces trouvent leur nourriture dans la laisse de mer. N'oublions pas plus loin l'huîtrier-pie, plumage noir et blanc et  bec rouge. 

Bon c'est pas l'tout. Il ne fait pas chaud. On se rentre à l'abri! 

Deux phoques veaux-marins se sont montrés également. Il y a une colonie dans la baie qui attire les curieux. 

Nous avons observé ce matin les espèces habituelles des havres et des baies normandes  mais malheureusement peu de passereaux qui auraient pu enrichir la collection.

Merci à nos vaillants et vaillantes adhérentes qui n'ont pas hésité à affronter les intempéries pour observer ces 25 espèces d'oiseaux.

Merci à Jean-Marc Jansen pour ses images. 

Liste des espèces : aigrette garzette, alouette des champs, bécasseau sanderling, bécasseau variable, bécassine des marais, bernache cravant à ventre sombre, étourneau sansonnet, fou de Bassan, goéland argenté, goéland cendré, goéland marin, grand cormoran, grand gravelot, grèbe huppé, héron cendré, linotte mélodieuse, mouette rieuse,  pipit farlouse, pluvier argenté, pluvier doré, sterne caugek, tadorne de Belon, tarier pâtre,  tournepierre à collier, vanneau huppé, verdier d'Europe

Prochaine sortie (sous la neige?)

PONT-HEBERT

Mercredi 4 février 2026

Oiseaux des bords de Vire 

Rendez-vous : parking de la rue des Juifs 50880-Pont-Hébert 

Contacts abrodin@wanadoo.fr et ph.gachet50@orange.fr 

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